Exister

Exister (nom commun)
Être.
Être concrètement, dans le temps et l’espace.

Définition philosophique d’exister

Au sens (1), exister signifie simplement être. Les deux mots sont interchangeables et coextensifs. Tout ce qui est existe. Tout ce qui existe est. On retrouve cet usage dans une multitude de contextes où la distinction être / exister n’est pas posée. Dans des cas où elle n’est pas pertinente, ou bien où elle passe inaperçue. En ce sens il est difficile de dire que quelque chose n’existe pas. D’une certaine façon, tout « existe », même le non-existant. Le non-existant existe au moins comme mot ou comme idée.

Au sens (2), exister désigne une façon d’être particulière. Ce qui existe est réellement, concrètement. Il a une place dans l’espace et le temps. Exister est alors proche de subsister ou durer. En ce sens tout n’existe pas. Certaines choses « sont » sans forcément « exister ». Exister est un mode d’être particulier, qu’on pense souvent objectif et matériel. Les objets du quotidien existent, mais certaines réalités pourraient « être » sans « exister ». Par exemple, on pourrait soutenir que les nombres n’existent pas : ils sont bien d’une certaine façon, mais ils ne sont pas « dans le temps » ou « dans l’espace ».

Le nombre 2 n’est pas de la même façon que les objets matériels sont. Certains diront que le nombre 2 existe dans le temps, parce qu’il a été créé à un moment par quelqu’un. Mais cette position peut être contestée.Certains diront que le nombre 2 existe dans l’espace, parce que lorsque nous pensons au nombre 2, il y a bien de l’activité dans notre cerveau, et que le nombre 2 pourrait être ramené à cette activité cérébrale. Mais là encore, cette affirmation ne fait pas consensus.

Bibliographie

  • Exister, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin (dir.), Paris, Armand-Colin, 2007
  • Exister, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Paris, Fayard, 2004
  • Existence, Lexique de philosophie, Olivier Dekens, Paris, Ellipses, 2002
  • Exister, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir.), Jean Lefranc (dir.), Paris, Armand-Colin, 2005
  • Existence, Philosophie de A à Z, Collectif, Paris, Hatier, 2000

9 comments / Add your comment below

  1. J’apprécie le texte.
    Cependant, je dirais de préférence, en me référant à l’approche (1), que tout ce qui existe est, mais tout ce qui est n’existe pas. Car ce n’est pas logique qu’une chose soit elle-même et son contraire.

  2. Pourquoi avez-vous pris le 2 ?
    Et le un ? Serait-il inadapté à votre démonstration ?
    Je pense que vous avez raison, entièrement raison.
    2 ne peut sortir du monde des idées que s’il est associé avec de l’existant. En tant que tel il « n’est » pas.
    2 doigts, 2 jours…Tout seul il n’a pas de sens. Il est inutile.

    Ce que j’aurais aimé c’est qu’on vous demande d’évoquer Platon.
    Merci,
    AC

    1. Bonjour,

      Le choix du 2 est semi-arbitraire. On pourrait prendre n’importe quel chiffre. Mais je préfère éviter le 1, qui est trop connoté en philosophie.

      Guillaume (@dicophilo)

    1. Oui, bien sûr. On peut exister sans avoir de conscience. Les montagnes et les téléphones existent, et pourtant il n’ont pas de conscience.

      1. Non, les montagnes et les téléphones n’existent pas.
        Exister, c’est ex-ister, sortir de soi, ce qui implique une conscience pr faire retour sur soi.

  3. « mais certaines réalités pourraient « être » sans « exister ». » je n’arrive pas a vraiment comprendre cette phrase… est ce que vous pourriez me donner un exemple afin de clarifier l’idée?
    merci d’avance 🙂

    1. J’ai rajouté un exemple en corps de texte (fin du 2e paragraphe + 3e paragraphe). Hésite pas à prévenir si c’est toujours pas clair 🙂

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