A priori

A priori (adjectif)
Justifié indépendamment de l’expérience, de façon logiquement antérieure à elle.
Terme(s) associé(s)

a posteriori, analytique, nécessaire, proposition

A priori & a posteriori

A priori et a posteriori désignent deux modes de justification d’un propos. Une connaissance a priori est une connaissance dont l’on rend compte, que l’on prouve de façon a priori. La distinction s’applique essentiellement à la justification de quelque chose. Lorsqu’on dit que X ou Y est a priori / a posteriori, il faut comprendre que « la justification de X ou Y » se fait a priori / a posteriori.

A priori et a posteriori ciblent en particulier la justification légitime d’une chose. On peut justifier que « 2 +2 = 4 » de façon empirique, mais ça ne suffit pas pour dire que « 2 + 2 = 4 » est un énoncé a posteriori. A priori et a posteriori désignent la nature de la justification légitime, idéale, d’un propos.

Les énoncés mathématiques sont a priori parce que leur meilleure justification évite l’expérience. Il n’y a pas besoin d’introduire l’expérience pour les justifier. Justifier des énoncés mathématiques en passant par l’expérience est plus faible et moins économique intellectuellement.

Une chose est soit a priori, soit a posteriori. Il n’y a pas d’intermédiaire. Prouver qu’un propos est justifiable a priori suffit à exclure qu’il soit a posteriori.

Que dit-on a priori ?

La distinction a priori / a posteriori s’applique à :

  • des énoncés
  • des arguments
  • des connaissances
  • des concepts

Un énoncé est a priori s’il l’on peut déterminer sa valeur de vérité sans recours à l’expérience. Il n’y a pas besoin de savoir quel est l’état du monde pour savoir s’il est vrai.

« JFK a été assassiné » est un énoncé a posteriori. Pour savoir s’il est vrai, on se rapporte à ce qui s’est passé. On regarde qui est le JFK dont on parle, et on s’intéresse à la façon dont il est mort.

« 2 + 2 = 4 » est a priori. On connaît sa vérité sans faire appel à l’expérience. Le fait que tout le monde apprenne cet énoncé au sein de l’expérience n’y change rien. « 2 + 2 = 4″ est a priori même si j’ai dû passer par l’expérience pour apprendre les mathématiques.

Si une chose n’a pas de justification possible, elle n’est ni a priori ni a posteriori. Un chat n’est pas a posteriori. Par contre, une connaissance à propos du chat peut être a posteriori. On justifie une connaissance, pas un chat. On corrige un chat. Non.

A priori, analytique, et nécessaire

On rapproche souvent les concepts d’a priori, d’analytique et de nécessaire. Toutefois en dépit de leur rapports très étroits, ils méritent d’être distingués.

  • a priori est un concept épistémique, il est lié à la connaissance en général.
  • analytique est un concept sémantique, il est d’abord lié au langage et aux énoncés.
  • nécessaire est un concept métaphysique, il renvoie au réel, pas à sa connaissance.

L’histoire de la philosophie n’aide pas à dissocier ces concepts. Jusqu’au XXe, la séparation entre ces trois notions est a-po-ca-lyp-tique. La différence entre chacun d’entre eux était ignorée, minorée ou passée sous silence. Pire, certains penseurs ont tenté de rabattre l’a priori sur l’analytique, alimentant ainsi la confusion.

Les dictionnaires de philosophie eux-mêmes peinent souvent à séparer nettement ces trois notions. Certaines définitions d’a posteriori et de synthétique (l’opposé d’analytique) sont indistinguables.

A priori et analyticité

L’analyticité s’applique à des jugements, des énoncés et des vérités. L’a prioricité s’applique aussi à tout cela. Cependant, on dit a priori d’autres éléments, qu’on ne dit pas « analytiques » :

  • des connaissances
  • des arguments
  • des concepts

L’analycité reste dans les limites du langage et de la logique. L’a prioricité va au-delà.

A priori et nécessaire

L’a prioricité renvoie à la justification de la connaissance. Elle met en jeu un sujet connaissant. Un énoncé peut être justifié a posteriori et faux. Sa justification légitime doit passer par l’expérience, mais l’énoncé n’est pas pour autant fondé dans le réel.

Un énoncé nécessaire est vrai, par définition, et sa nécessité renvoie à la nature de sa vérité. La nécessité est indépendante du sujet pensant qui l’appréhende. C’est un concept métaphysique, il se rapporte au réel lui-même, pas à la connaissance qu’on en a.

Bibliographie

  • A priori, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin, Armand-Colin, 2007
  • A priori, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Fayard, 2004
  • A priori, Dictionnaire des concepts philosophiques, Michel Blay, Larousse-CNRS, 2007
  • A priori, Lexique de philosophie, Olivier Dekens, Ellipses, 2002
  • A priori, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux, Jean Lefranc, Armand-Colin, 2005
  • A priori, Philosophie de A à Z, Collectif, Hatier, 2000
  • Qu'est ce que la nécessité, Jean Pascal Anfray, Vrin, 2009, (GoogleBook)

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