Métaphysique

Métaphysique (nom commun)
Discipline qui traite de l'être et des premiers principes.
Science de l'être en tant qu'être. Syn. ontologie.
Recherche des premières causes et des premiers principes. Syn. philosophie première.
Métaphysique (adjectif)
Relatif à la métaphysique aux sens précédents.
Considéré indépendamment de la connaissance qu'on en a.
(Courant) Trop abstrait, qui n'a pas d'impact sur le réel.

Science, philosophie et métaphysique

La métaphysique est intimement liée à la science et à la philosophie. Quelle que soit l’époque, la métaphysique se positionne par rapport à ces deux domaines. Certains ont opposé science et métaphysique : d’autres les ont réunit. Certains ont vu une rupture entre philo et métaphysique : d’autres une continuité. Quelles que soient les options choisies, les trois concepts vont ensemble. Les prises de positions sur la métaphysique sont donc rarement disjointes de celles sur la philosophie et la science.

Concernant la philo

La métaphysique est selon les cas :

  • identifiée à la philosophie
  • considérée comme une branche de la philosophie
  • séparée de la philosophie

Ces options ont eu un succès différent selon les époques et les courants de pensées. En Grèce antique, la séparation philosophie / métaphysique / science est faible, voire absente. Avec l’essor des théologies monothéistes, la métaphysique commence à s’écarter de certains champs philosophiques. Le lien entre les disciplines reste pourtant très fort. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe que la philosophie et la métaphysique commencent à être dissociées, voire opposées.

Beaucoup de penseurs entre le XVIIIe et le XXe ont rejeté la métaphysique hors de la philosophie. La métaphysique est alors vue comme une dérive illégitime de la philosophie. Elle serait une philosophie pervertie, un débordement de la pensée. La métaphysique devient alors une sorte de double maléfique de la philosophie. Elle représente un risque : le philosophe peut s’égarer dans des considérations métaphysiques dénuées de sens et détachées de l’expérience.

Pourtant, nombre des opposants à la métaphysiques sont en fait eux-mêmes des métaphysiciens. Ils ne s’opposent pas à « la » métaphysique, mais à une certaine conception de la métaphysique. Ils proposent, sans forcément l’admettre, une métaphysique alternative à celle qu’ils critiquent. Kant, Nietzsche, Wittgenstein : tous ces gens là font de la métaphysique ! Ce n’est pas parce qu’ils décrient le domaine qu’ils ne le pratiquent pas de facto.

La seconde moitié du XXe voit toutefois un retour de la métaphysique. Outillée par la logique mathématique, la philosophie américaine va « relancer » la réflexion métaphysique. Et c’est délicieux. C’est tellement délicieux. C’est le meilleur de la philosophie. Achetez vous un bouquin sur l’identité pour voir à quoi ça ressemble. Le Corpus GF par Stéphane Ferret fera l’affaire. Ou un truc sur les modalités, genre le Qu’est ce que la nécessité chez Vrin. C’est tellement bon tout ça.

Concernant la science

Ses rapports avec la métaphysiques ressemblent globalement à ceux entre métaphysique et philosophie. La méta peut être :

  • identifiée à la science
  • en continuité avec, voire être une partie de la science
  • séparée totalement de la science

On peut alors d’avoir des positions variées concernant les rapports philosophie / science / métaphysique :

  • philo = science = métaphysique
  • (philo = science) ≠ métaphysique
  • philo ≠ science ≠ métaphysique
  • etc…

On note que si la métaphysique conserve un lien profond et étroit à la philosophie, celui à la science est aujourd’hui plus faible. La métaphysique est alimentée par la science, mais l’impact de la métaphysique contemporaine sur la science est moins visible.

Bibliographie

  • Métaphysique, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin, Armand-Colin, 2007
  • Métaphysique, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Fayard, 2004
  • Métaphysique, Dictionnaire des concepts philosophiques, Michel Blay, Larousse-CNRS, 2007
  • Métaphysique, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux, Jean Lefranc, Armand-Colin, 2005
  • Métaphysique, Philosophie de A à Z, Collectif, Hatier, 2000

5 comments / Add your comment below

  1. La Metaphysique est pour moi la science de l’Ame… la quête, la tension vers l’âme.
    Y-a-t-il des philosophes qui partent dans cette direction ?
    Merci de vos renseignements

    1. Presque tous les philosophes se sont intéressés à l’âme en métaphysique jusqu’au XVII-XVIIIe. Il y en a tellement que c’est difficile d’en citer un plus qu’un autre. Elle fait partie des grands objets qui intéressent les métaphysiciens jusqu’au XVIIIe siècle, puis de moins en moins. Cependant l’âme n’est jamais le seul objet de la métaphysique. Elle n’est pas uniquement une science de l’âme… et encore, il faut définir « science » et « âme ».

  2. Juste une remarque orthographique : dans le paragraphe qui suit, il faut écrire QUELLE QUE SOIT L’ÉPOQUE et QUELLES QUE SOIENT LES OPTIONS CHOISIES (et non quelque soit).
    Science, philosophie et métaphysique
    La métaphysique est intimement liée à la science et à la philosophie. Quelque soit l’époque, la métaphysique se positionne par rapport à ces deux domaines. Certains ont opposé science et métaphysique : d’autres les ont réunit. Certains ont vu une rupture entre philo et métaphysique : d’autres une continuité. Quelque soit les options choisies, les trois concepts vont ensemble. Les prises de positions sur la métaphysique sont donc rarement disjointes de celles sur la philosophie et la science.

  3. La métaphysique est définie par Gérard Dorn dans le tome 2 de l’Artificium Chymisticum de 1559, p. 3 et suiv., où il commente la Table d’Émeraude d’Hermès.
    Je résume: La Nature (physis), et donc la physique, est vraie et fausse. La métaphysique sépare ces deux spagyriquement pour obtenir le vrai, le certain et le très véritable …

    Si cela intéresse quelqu’un, les éditions belges « Beya Éditions » (Grez-Doiceau) ont publié plusieurs livres dont l’intérêt historique, philosophique, et universitaire semble évident. Il s’agit notamment de l’oeuvre, des commentaires, et des polémiques suscités par Paracelse, auteur très connu dans le monde germanophone mais, curieusement, très peu édité en français. Son grand diffuseur en latin fut Gérard Dorn (16ième s.), auteur belge travaillant pour le frère du roi de France. Les ouvrages proposés par Beya sont traduits du latin en français pour la première fois.
    En voici la liste:

    N° 13: Paracelse, Dorn, Trithème, 2002. I.S.B.N. 978-2-9600575-7-7

    N° 14: Défenseurs du Paracelsisme Dorn, Duclo, Duval, 2013. I.S.B.N. 978-2-9600575-9-1

    N° 16: La Clef de toute la philosophie chimistique, et Commentaires sur trois traités de Paracelse, 2014. I.S.B.N. 978-2-939729-01-5

    N° 5: Les Arcanes très secrets de Michael Maier, 2005. I.S.B.N. 2-9600364-5-X

    N° 15: Jean Reuchlin, Le Verbe qui fait des merveilles, 2014. I.S.B.N. 978-2-930729-00-8

    Très cordialement.

    Pr Stéphane Feye
    Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) – Humanités Gréco-Latines et Artistiques

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