Morale

Morale (nom commun)
Ensemble des règles et normes de comportement relatives au bien et au mal, au juste et à l'injuste, en usage dans un groupe humain. Syn. éthique.
Théorie particulière qui vise à établir les règles précédentes, qui dit ce qui doit être, le comportement à adopter.
Partie de la philosophie qui étudie la morale aux sens précédents. Syn. philosophie morale.
Morale au sens (1), pensée comme prétendant à l'universalité et focalisée sur le devoir. Distinct. éthique.
Exemple(s)
  1. La morale catholique interdit parfois des choses que la loi autorise.
  2. Morale kantienne et morale utilitariste sont parfois opposées.
  3. En morale, on distingue éthique normative, éthique appliquée et méta-éthique.
  4. « Morale » est connoté négativement, « Éthique » pas du tout.
Terme(s) associé(s)

légitimité, méta-éthique

Remarque

Il n’y a pas de consensus sur la différence entre éthique et morale. Il n’est pas évident qu’il y en ait. Le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale de Canto-Sperber et la Routledge Encyclopedia of Philosophy n’ont qu’un seul article pour les deux notions.

Bibliographie

  • Ethics, Routledge Encyclopedia of Philosophy, Edward Craig, Routledge, 1998
  • Morale, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin, Armand-Colin, 2007
  • Morale, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Fayard, 2004
  • Morale, Dictionnaire des concepts philosophiques, Michel Blay, Larousse-CNRS, 2007
  • Morale, Lexique de philosophie, Olivier Dekens, Ellipses, 2002
  • Morale, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux, Jean Lefranc, Armand-Colin, 2005
  • Morale, Philosophie de A à Z, Collectif, Hatier, 2000

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  1. C’est intéressant, mais si vous pouviez expliquer les mots philosophiques (par exemple la méta-éthique c’est quoi?). Moi je pense que la morale, c’est des règles pour que tout le monde puisse vivre ensemble, sauf que le problème c’est justement les différentes conceptions de la morale qui ne sont pas toujours d’accord entre elles.

  2. Il me semble que la distinction entre morale et éthique correspond principalement au rapport entre comportement constatable/apparent (et, pour la morale, conforme aux règles en vigueur – votre définition n°1 -, au risque de la simple imitation ou de la tartufferie) et réalité de l’intention qui prévaut (ainsi l’éthique fait-elle le lien intime entre ce qu’on considère soi-même comme le bien et la manière dont on agit, et dont on ne peut être comptable que vis-à-vis de soi-même, étant seul(e) à pouvoir en juger. Remarquons qu’on parle de la morale, et d’éthique personnelle ; il me semble qu’on parle de l’éthique (et non plus d’une éthique) quand on se situe dans le champ de le définition n°3, à savoir la partie de la philosophie qui étudie la morale – plus d’un traité célèbre porte ce simple titre, d’Aristote à Spinoza -. Dans les deux cas, qu’il s’agisse d’une éthique ou de l’éthique, elle s’ajoute à la morale définie en 1, soit comme conscience individuelle, soit comme discours raisonné à propos de morale.

    Un second appariement me paraît utile, à savoir la confrontation entre morale et droit, leur mouvement dialectique nourri d’un rapport de domination et de consentement, voire de contrat.

    In fine, l’état éthique se superposerait à l’état moral, qui lui-même apparaîtrait comme un dépassement de l’état de droit, tous trois contribuant à sortir de l’état de nature.

  3. Site sympathique, bonne initiative. Mais ici, la première définition, comme lorsqu’on parle de « la morale des chinois » aurait plutôt pour synonyme les moeurs ou les coutumes. C’est donc une définition confuse que le philosophe se doit de critiquer. Une chose sont les règles ordinaires de comportement d’un groupe donné, autre chose est la morale au nom de laquelle on peut critiquer toutes moeurs, y compris les siennes propres. Quant à l’exemple proposé, il est aussi confus : il n’y a pas une morale religieuse mais éventuellement une morale catholique, une morale islamique etc. Il serait plus précis encore de dire « la conception catholique de la morale » etc.

    En philosophie, de Socrate à Jonas, en passant par Descartes et Kant, la morale est d’abord ce que l’on pourrait dégager des différentes moeurs humaines pour établir des règles universelles pour la volonté et l’action de toute personne désireuse de bien faire. La morale, c’est ce que tout le monde devrait faire, étant entendu que le problème de fond ici est de savoir quel est le contenu de la morale et si on peut le déterminer. Ainsi, passant complètement à côté de la recherche d’universalité propre à la philosophie, les deux définitions suivantes sont aussi discutables pour un dictionnaire de philosophie.

    Et la dernière manque de neutralité : elle semble sous-entendre qu’il y aurait nécessairement une contradiction à vouloir universaliser ce qui n’est que moeurs et coutumes particulières. En ce qui concerne par ailleurs l’Ethique de Spinoza, ce que ce philosophe nie, c’est qu’il existe un bien et un mal en soi, comme chez Platon, mais il ne nie pas qu’il puisse y avoir un bien commun à tous les hommes pour la raison, comme par exemple la connaissance rationnelle plutôt que l’imagination et l’ignorance. Il y a donc dans son éthique des biens et des maux universels pour la raison.

    Et on écrit « qu’il y en ait ».

    1. Merci pour ces remarques. Je ne suis pas d’accord avec toutes, mais elles sont intéressantes. Effectivement, l’article n’insiste pas assez sur l’importance de l’objectivité en morale. Cela dit, la dernière définition ne sous-entend rien de particulier. Elle signale juste que, chez ceux qui séparent la morale de l’éthique, la séparation se fait couramment sur l’importance donnée à l’universalité (l’éthique ne serait pas forcément universelle). Pour la coquille, c’est corrigé 🙂

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