Utile

Utile (adjectif)
Profitable, avantageux, qui sert à quelque chose.
Terme(s) associé(s)

inutile

Qu’est ce qu’être utile ?

Être utile, c’est être profitable. On dit utile ce qui procure un gain, un bénéfice à quelqu’un ou quelque chose. L’utile est avantageux, il permet une amélioration. En ce sens littéralement tout peut être utile. Même si l’avantage apporté est minime, la chose qui l’apporte est « utile ».

Cependant rien n’est utile en soi, indépendamment d’un contexte ou d’un projet donné. Utile est un terme relatif : il ne prend sens que par rapport à autre chose, à une perspective plus générale dans laquelle il s’insère. Rien n’est utile tout court : on est utile pour quelque chose, ou à quelqu’un, ou dans un contexte précis.

Si mon but est de rentrer chez moi au plus vite, prendre le métro est utile. Si j’ai un autre objectif, il en va autrement. Quand on parle d’utilité, on se situe dans un rapport fin / moyen. Est utile tout ce qui est un bon moyen de réaliser une fin. Parler d’utilité indépendamment d’une fin donnée n’a pas de sens.

Les choses qu’on dit « utiles » sans précision n’échappent pas à cette règle. La nourriture n’est pas utile en tant que telle. Elle est utile relativement à l’objectif de ne pas mourir. Certes, cet objectif nous semble évident. Nous n’y pensons pas, mais il est tout de même présent.

Une chose peut être plus ou moins utile selon le contexte. Pour mincir, certains aliments sont plus utiles que d’autres : ceux faibles en calories. Mais au sein des aliments peu caloriques, certains sont moins caloriques que d’autres : ils sont donc plus utiles pour mincir.

On dit alors que l’utilité admet des degrés. En partant de l’objectif final, on peut évaluer des degrés d’utilité. Ce qui favorise grandement la réalisation de l’objectif est « plus utile » que ce qui le favorise faiblement. Les choses utiles pour réaliser un projet ne sont donc pas à égalité.

Ne pas confondre utile et nécessaire…

On dit parfois « utile » ce qui est indispensable, nécessaire à la réalisation d’une fin. On dit par exemple qu’il est utile d’avoir de la farine pour faire des crêpes. On pense alors à ce qui est requis, ce sans quoi un objectif ne peut pas être réalisé. Cette façon de parler est illégitime : elle confond à tort le nécessaire et l’utile.

Ce qui est utile favorise l’accomplissement d’un projet. Il le rend plus facile, moins contraignant. Si l’on enlève la chose utile, le projet continue d’être réalisable. Il se déroule dans de moins bonnes conditions, mais il n’est pas arrêté pour autant.

Ce qui est nécessaire est indispensable à l’accomplissement d’un projet. Si l’élément nécessaire manque, le projet ne peut plus avancer. Il n’est plus réalisable, parce qu’un de ses éléments fondamentaux est absent. Le nécessaire n’est donc pas équivalent à l’utile.

La confusion semble d’un glissement à partir de l’idée d’inutilité. Ce qui est inutile, on peut s’en passer : cela ne correspond à aucun besoin. Être inutile, c’est à la fois ne pas être utile… et ne pas être nécessaire. De là un glissement : on oppose l’inutile au nécessaire… puis on assimile le nécessaire à l’utile.

…mais garder la confusion à l’esprit

Confondre utile et nécessaire est fautif, mais certains sujets de dissertation jouent sur cette confusion. Il n’est pas rare qu’un sujet aborde la notion de nécessité… tout en utilisant le mot « utile ». Dans l’énoncé, c’est le mot « utile » qu’on rencontre ; mais c’est en fait la nécessité qui est au cœur du sujet.

Exemple : « La moralité est-elle utile à la vie sociale ? » (tombé au CAPES). La question n’est pas de savoir si la moralité est avantageuse pour la vie sociale. Pour quoi d’ailleurs dans la vie sociale ? Précisément ? La question porte sur la nécessité de la moralité pour vivre en société. Se concentrer sur l’utilité seule serait une erreur : on passerait à coté du sujet. Garder à l’esprit la confusion entre les deux notions est parfois… utile.

Bibliographie

  • Utile, Fiche d'origine source de l'article
  • Utile, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin (dir.), Paris, Armand-Colin, 2007
  • Utile, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Paris, Fayard, 2004
  • Utile, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir.), Jean Lefranc (dir.), Paris, Armand-Colin, 2005

2 comments / Add your comment below

  1. Au delà de la nécessité et de la confusion « être utile » soulève un questionnement : le sens à donner à la vie et à sa vie. L’existentialisme chrétien et athée ont livré des réponses à travers des auteurs comme Sartre. Est-ce le cas en nos temps et moeurs des techniques de communication comme la télé, le computer, le gsm…? Sont-ils eux-aussi porteurs détenteurs et distributeurs de sens ? Si c’est le cas qu’est l’homme? Une technique lui-aussi ou malgré tout une identité. question : laquelle ? Celle de l’impasse, du cul de sac et de la voie sans issue, en un mot d’un inventeur de la mort. Comme thèse le nombre de guerres créé, pensé et mis en oeuvre sur notre planète Terre depuis le 20ème siècle par les hommes est fascinant. Dieu, s’il existe, peut-il se voir comme un concurrent compétitif ? Non. A-t-il déjà été victime d’une OPA? Oui, à mon humble avis. L’homme parle à sa place, légalement.

    1. L homme demeure libre et peut dépasser les contraintes que la société moderne semble vouloir imposer. J ai choisi de ne plus avoir de télévision qui n’est pas pour le coup unoutil dr communication nécessaire à notre soif d échanger. Nous restons libres si nous nous informons sur ce qui est bon pour notre santé. Si le bio est trop cher je mange local mais si je suis avec des amis je peux m engoufrer une pizza sans perturber ma conscience. Il est bon de ne pas être esclave de règles de vie trop stricte. Je suis un pragmatique et je crois que le doute est une nécessaire pour se donner le droit de se tromper er recommencer. Notre vie est comme un laboratoire de recherche c est passionnant et mon expérience d infirmier m apprend l humilité et le bonheur de donner sans compter.et ke reçois tellement. plus en retour. Quant à. Dieu il nous fait des clins d oeil régulièrement et combien de fois j ai remercie la vie quand je vois se réaliser des petits miracles qu on appelle autrement d heureuses coïncidences.
      Bonne année. Didier

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