Âme

Âme (nom commun)
Principe de vie, ce qui explique la présence de vie et de mouvement dans un être.
Principe de la pensée, ce qui explique la capacité d'un être à penser.
Principe d'immortalité, ce qui expliquerait l'immortalité attribuée à un être.
Exemple(s)
  1. Les plantes et les animaux sont dits avoir une âme.
  2. C’est l’âme qui pense et non le corps.
  3. La matière périt, l’âme immortelle subsiste.
Terme(s) associé(s)

corps, esprit, matière

Étymologie

Du latin « anima » : souffle, vent.

Remarque

On attribue souvent à une même réalité (l’âme) d’être à la fois principe de vie, de pensée et d’immortalité. Mais ces trois sens sont toutefois distincts.

Qu’est ce que l’âme ?

La notion d’âme est historiquement importante, mais son intérêt contemporain est limité. L’âme relève aujourd’hui de la religion ou de la métaphysique. La notion n’est plus utilisée ni en science, ni réellement en philosophie. Les textes anciens qui parlent de l’âme sont souvent ré-interprétés pour en tirer un apport utile aujourd’hui. On évacue la notion d’âme et on considère que ces textes parlent de l’esprit ou du psychisme (par exemple).

L’âme est rattachée à l’idée de vie. L’âme est ce qui produit et explique la vie. Un être sans âme n’est pas vivant. Il est in-animé, c’est-à-dire sans âme (du latin anima). Cette conception se rencontre dès l’Antiquité et reste présente jusqu’au XIXe siècle. L’âme est ce qui distingue le vivant de l’inerte.

L’esprit et la pensée sont en liens étroits avec l’âme. L’âme est souvent tenue pour une cause de la pensée. Il faut posséder une âme pour penser, et être capable de penser prouve que l’on a une âme. Les rapports âme / pensée / esprit sont toutefois souvent confus. La distinction nette entre âme et esprit n’est pas toujours nette.

Godin note que le positivisme et le matérialisme nient l’existence de l’âme. Ces courants expliquent les fonctions vitales par des mécanismes physico-chimiques. Il ne croient ni à l’âme immatérielle, ni à l’immortalité en général. Il existe toutefois des conceptions qui font de l’âme une réalité matérielle (Épicure, Hobbes).

L’âme, principe de la pensée

L’âme est ce qui permet de penser. Les êtres pensants ont une âme, pas les autres. En ce sens, la notion est fortement liée au psychisme. L’âme a un rapport étroit avec les phénomènes de l’esprit. Une pensée désignant ici un phénomène psychique, et non pas un contenu représentationnel objectif comme c’est parfois le cas.

Cet usage s’intègre facilement dans une perspective dualiste. Il y aurait deux types de réalités : d’un coté les réalités matérielles (le corps, la matière), de l’autre les réalités immatérielles (l’âme, l’esprit). Si l’âme est principe de la pensée, c’est parce que le corps ou la matière ne peuvent pas l’être.

Des philosophes comme Pascal soutiennent que la matière n’est pas capable de penser. Pour comprendre l’existence de la pensée, il faut introduire un principe non matériel. L’âme immatérielle offre une solution au problème. Le corps ne pense pas, mais l’âme le fait.

L’âme, principe d’immortalité

L’âme est ce qui fait qu’un être est immortel. Selon plus d’une conception, l’homme est immortel parce qu’il possède une âme. Son corps meurt et se désagrège, mais son âme subsiste. Elle représente ce qu’il y a de plus profond en lui. À l’inverse, le corps ne semble qu’accidentel.

Il faut noter que les sens d’âme sont souvent indistincts. Il n’y a pas une âme source de vie, une autre source de pensée, et une troisième qui rendrait immortel. On pense en général l’âme comme un élément unique. Un être donné possède une âme, et celle-ci présente différents pouvoirs. Causer la vie, la pensée et l’immortalité sont des pouvoirs distincts d’une seule réalité.

Bibliographie

  • Âme, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin (dir.), Paris, Armand-Colin, 2007
  • Âme, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Paris, Fayard, 2004
  • Âme, Dictionnaire des concepts philosophiques, Michel Blay (dir.), Paris, Larousse-CNRS, 2007
  • Âme, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir.), Jean Lefranc (dir.), Paris, Armand-Colin, 2005
  • Âme, Philosophie de A à Z, Collectif, Paris, Hatier, 2000

5 comments / Add your comment below

  1. Je suis surpris de l’inanité de cette explication. Comment parler de l’âme en philosophie sans parler des trois puissances de l’âme évoquées par les scholastiques et notamment Thomas d’Aquin ? 1) l’intelligence (comme il est fait ici) mais aussi 2) la mémoire et 3) La volonté.
    Faut-il que cet enseignement en France soit vraiment malade ; tué, qu’il est, par le kantisme et le néo-kantisme.

  2. l’âme joue un grand rôle dans les pratiques religieuses, apporte une notion d’immortalité, une continuité après la vie, de jugement dernier, c’est une grandeur immatériel .

    1. l’ame est ce qui reste aprés la vie, elle est immortelle, elle nous suit pour l’éternité. Merci pour cette explication
      c’est plus simple à présent.

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