Définition

Définition (nom commun)
Proposition qui met en équivalence un élément définissant et un élément étant défini.
Proposition qui exprime l'essence d’un mot ou d’un concept, qui délimite son acception.

Qu’est ce qu’une définition ?

D’un point de vue formel, une définition met en équivalence deux éléments. Elle présente un terme défini (le definiendum), dont elle affirme l’équivalence avec un élément définissant (le definiens). Admettons qu’on définisse « Homme ». « Homme » est le definiendum. Si on dit que l’homme est un « animal rationnel », « animal rationnel » est le definiens. On peut écrire :

Homme = animal rationnel

Le signe d’égalité marque bien l’idée d’équivalence entre les deux choses. Un animal rationnel, c’est un homme. Un homme, c’est toujours un animal rationnel. Les deux éléments de la définition doivent être substituables. À chaque fois qu’on dit « Il y a un homme dehors », on doit aussi pouvoir dire « Il y a un animal rationnel dehors ».

On considère traditionnellement que la définition exprime l’essence d’une chose. L’élément définissant (definiens) exprimerait l’essence de l’élément défini (definiendum). Cette formule peut toutefois gêner ceux qui préfèrent ne pas introduire la notion d’essence (et tout ses présupposés).

On peut alors dire que la définition délimite le sens, l’acception d’un mot ou d’un concept. Elle ne dit cependant pas « tout » à propos de la chose. Elle ne saisit que ce qui est nécessaire en elle. La définition donne l’intension du terme.

Un homme peut être grand ou petit, noir ou blanc, de sexe masculin ou féminin : rien de tout ça n’est nécessaire. Mais un homme doit être un animal. Et il doit être un animal doué de raison. La définition ne saisit que cet aspect nécessaire.

Qu’est ce qu’une bonne définition ?

La définition est une forme de délimitation. Elle délimite le sens d’un mot, l’extension d’un concept. Son objectif est de fournir un critère. Avec une bonne définition, on doit pouvoir identifier ce qui tombe sous l’extension d’un mot, ce qui est désigné par celui-ci.

Avec la définition de « Homme », on peut savoir si une chose est un homme ou non. Un téléphone ? Ce n’est pas un animal. Donc ce n’est pas un animal « rationnel ». Donc ça n’est pas un homme. Un chat ? C’est un animal. Est-il « rationnel » ? Pas du tout ! Donc ce n’est pas un homme. Même un chat qui s’appelle Socrate.

Une définition correcte doit remplir quatre critères :

  1. être réciproque
  2. être caractéristique
  3. ne pas être circulaire
  4. être aussi courte et claire que possible

Être réciproque

Une définition est réciproque quand on peut substituer le definiens au definiendum sans « perdre la vérité » (salva veritate). C’est à dire qu’on peut prendre toutes les occurrences du terme défini, les remplacer par le terme définissant, et conserver tout de même la valeur de vérité de ces phrases.

Soit les phrases suivantes et leurs valeurs de vérité entre parenthèses :

  • Platon est un homme (vrai)
  • Un chat est un homme (faux)
  • Tous les hommes ont deux têtes (faux)

Si « Animal rationnel » est une bonne définition de « Homme », on doit obtenir :

  • Platon est un animal rationnel (vrai)
  • Un chat est un animal rationnel (faux)
  • Tous les animaux rationnels ont deux têtes (faux)

En supprimant « Homme » et en le replaçant par sa définition, les phrases ne changent pas de valeur. C’est un signe que la définition est correcte. À titre de contreexemple, imagineons qu’on définisse « Homme » par « Félin ronronnant » :

  • Platon un félin ronronnant (FAUX)
  • Un chat est un félin ronronnant (VRAI)
  • Tous les félins ronronnant ont deux têtes (faux)

La définition n’est pas réciproque. Quand on remplace le défini par le définissant, les phrases changent de valeur de vérité. Certaines qui étaient vraies deviennent fausses ; d’autres qui étaient fausses deviennent vraies. La « définition » n’est pas correcte. Elle ne préserve par la vérité ou la fausseté lorsqu’on remplace le definiendum par le definiens.

Être caractéristique

La définition correcte est caractéristique. C’est-à-dire qu’elle convient à tout le défini et rien qu’au défini.

Si on définit « Chat » par « Félin ronronnant », on ne donne pas une définition correcte. Il existe des félins qui ronronnent et qui ne sont pas des chats. La soit-disant définition s’applique aussi à autre chose qu’au défini. Pour être une vraie définition, elle devrait s’appliquer uniquement au défini.

Si on définit « Chat » par « Félin ronronnant qui s’attaque au beurre sur la table », ça ne marche pas non plus. Parce que certains chats ne montent pas sur la table (prouvé). Et peut être que certains ne s’attaquent pas au beurre (non prouvé). Cette pseudo-définition ne s’applique pas à tous les chats. Elle n’est pas caractéristique.

Ne pas être circulaire

Une définition est circulaire quand le definiens est-lui même défini par le defiendum. C’est-à-dire quand on utilise l’élément qu’on cherche à définir pour fabriquer sa propre définition. On utilise l’élément à définir (qu’on n’est pas censé avoir), pour produire la définition de cet élément lui-même.

Une définition circulaire caricaturale serait « Chat = ce qui n’est pas un non-chat ». On utilise le mot à définir dans la formule qui sert à le définir ! Il faut déjà comprendre le mot « chat » pour comprendre la définition. Si on ne sait pas ce qu’est un chat, on ne sait pas ce qu’est un non-chat. La « définition » n’apprend rien.

Les définitions circulaires sont en général plus subtiles. On définit d’abord A par B… puis B par C… puis finalement C par A. On passe par des étapes intermédiaires, mais on définit A par A. On part d’un point, on s’en éloigne, puis on revient à lui. On tourne en rond.

La définition circulaire est la hantise du philosophe, mais elle est parfois inévitable. Certaines notions sont si fondamentales qu’il n’est pas possible de les définir sans tomber assez vite dans une circularité. Le mot « être » en est l’exemple même : on ne peut pas définir « être » sans l’utiliser. Si on le remplace par « exister », on s’aperçoit que « exister » se définit par « être ».

Définition descriptive vs stipulative

Les définitions descriptives consignent la signification de mots déjà en usage. C’est à elle qu’on pense immédiatement lorsqu’on parle de définitions. Un dictionnaire est typiquement un outil qui répertorie et classe des définitions descriptives. Il propose des définitions, plus ou moins exactes, de choses qui pré-existent à leur définition.

Les définitions stipulatives semblent créer leur objet. Elles permettent d’introduire un terme technique, ou d’utiliser différemment un mot courant. Une définition stipulative ne peut pas être exacte ou inexacte : c’est elle qui décide de ce qu’est la chose. Lorsque Euclide définit la ligne et le point, il ne désigne par quelque chose de naturel qui existerait indépendamment de la définition qu’il en donne. De même, lorsque Kant définit son usage de « intuition », ou de « transcendantal » : il donne des définitions stipulatives.

Bibliographie

  • Définition, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin (dir.), Paris, Armand-Colin, 2007
  • Définition, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Paris, Fayard, 2004
  • Définition, Lexique de philosophie, Olivier Dekens, Paris, Ellipses, 2002
  • Définition, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir.), Jean Lefranc (dir.), Paris, Armand-Colin, 2005
  • Définition, Philosophie de A à Z, Collectif, Paris, Hatier, 2000

1 comment / Add your comment below

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *