Inférence

Inférence (nom commun)
Opération par laquelle on passe d'un ensemble de prémisses à une conclusion justifiée, rendue légitime par ces prémisses.
Terme(s) associé(s)

déduction, induction

Qu’est ce qu’une inférence ?

L’inférence est l’opération intellectuelle de base de tout raisonnement. Elle consiste à passer d’une ou plusieurs prémisse(s) à une conclusion. Tout le monde fait des inférences, presque tout le temps. Une inférence n’est pas forcément valide logiquement. Et elle n’assure pas que la conclusion soit fondée. Une inférence est simplement un passage prémisse / conclusion.

Voici 2 exemples d’inférences. Le premier à l’air sensé, mais n’est pas logiquement valide. Le second est volontairement absurde. Dans les 2 cas, il y a pourtant bien une inférence. On part d’une la prémisse, on arrive à une conclusion. Peu importe la vérité de la conclusion : l’inférence ne garantit pas en elle-même le résultat.

[Prémisse] Jean mange des chips
[Conclusion] Donc Jean aime les chips

[Prémisse] Jean mange des chips
[Conclusion] Donc Jean est nazi

Il ne faut pas confondre l’inférence avec la preuve, l’argument ou le raisonnement. Une preuve est le résultat d’une inférence. Un argument est un ensemble linguistique, formé par des prémisses, des règles d’inférences et des conclusions. Enfin le raisonnement est une construction plus complexe qui se compose d’inférences.

Inférence immédiate / médiate

Une inférence immédiate n’a que 2 termes. Une prémisse (P) et une conclusion (C). Les exemples plus haut sont des inférences immédiates. À l’inverse, une inférence médiate est une inférence qui possède plus de 2 termes. Elle se compose au minimum de 2 prémisses (P1, P2) et d’une conclusion (C).

P1: Socrate est un homme
P2: Tous les hommes sont mortels
C: donc Socrate est mortel

Ce syllogisme classique est un exemple d’inférence médiate. De façon générale, un grand nombre de nos inférences sont médiates. Nos raisonnements courants reposent souvent sur plusieurs étapes.

Inférence déductive / inductive

Une inférences déductive respecte certaines règles qui assurent de la vérité de sa conclusion.  Dans une inférence déductive (ou déduction), si les prémisses sont vraies alors la conclusion l’est aussi. On dit une telle inférence « valide ». Le syllogisme est une inférence déductive :

P1: Socrate est un homme (vrai)
P2: Tous les hommes sont mortels (vrai)
C: Donc Socrate est mortel (vrai)

Si l’une des prémisses était fausse, la conclusion serait fausse. La structure de cette inférence permet de « passer » la vérité des prémisses à la conclusion. Ici, c’est la structure qui compte, pas le sens des mots.

À l’inverse, une inférence inductive (ou induction) ne garantit pas le transfert de vérité entre les prémisses et la conclusion. Les prémisses peuvent être vraies et la conclusion fausse. Une induction rend la conclusion probable au mieux. Elle ne permet jamais d’assurer sa vérité.

P1: Il a toujours plu en septembre dans cette région
C: Donc il pleuvra en septembre dans cette région cette année

Le fait qu’il ait plu en septembre tous les ans ne garantit pas qu’il pleuvra cette année. Il peut très bien faire extrêmement beau et sec. L’inférence inductive ne peut pas garantir la vérité de sa conclusion. Elle peut rendre sa conclusion plausible ou probable, mais pas « vraie ».

Bibliographie

  • Inférence, Dictionnaire de philosophie, Noëlla Baraquin (dir.), Paris, Armand-Colin, 2007
  • Inférence, Dictionnaire de philosophie, Christian Godin, Paris, Fayard, 2004
  • Inférence, Nouveau vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, Louis-Marie Morfaux (dir.), Jean Lefranc (dir.), Paris, Armand-Colin, 2005
  • Inférence, Vocabulaire technique et analytique de l'épistémologie, Robert Nadeau, Paris, PUF, 1999

9 comments / Add your comment below

  1. L’exemple final d’induction avec la pluie en septembre n’est pas des meilleurs, puisqu’il y a une forte restriction apportée à l’extension de la proposition par « les 10 dernières années ». Il vaudrait mieux reprendre l’exemple classique des cygnes : 1. Je ne connais que des cygnes blancs ; 2. Donc tous les cygnes sont blancs. L’exemple s’est révélé intéressant (parce que faux, montrant ainsi que l’induction n’est pas démonstrative) lors de la découverte de cygnes noirs en Australie.
    Sinon, dans son ensemble, l’article me semble d’une grande clarté.

    1. Bonjour. J’ai enlevé la restriction « les 10 dernières années ». Mais je garde l’exemple de la météo. La météo est une expérience partagée par tous, alors tout le monde ne voit pas des cygnes tous les jours (encore moins en Australie). De plus, je veux éviter d’utiliser une induction par généralisation (les cygnes que j’ai vu -> tous les cygnes).

  2. Bonjour, si je demande à ma fille d’aller chercher la définition d’inférence sur internet et qu’elle tombe sur votre phrase explicative, je ne sais pas comment je vais lui expliquer pourquoi vous avez pris un exemple aussi inapproprié : Jean est pédophile et nazi.
    pourquoi aller dans les extrêmes pour faire comprendre quelque chose d’aussi simple, franchement ??

    Prémisse : Jean mange une chips
    Conclusion : donc Jean est pédophile et nazi

    1. Bonjour. Effectivement, le choix de l’exemple n’est pas clair. J’ai refondu l’article pour rendre ça plus explicite. Je garde le fait que Jean soit nazi, parce que ça n’a franchement rien à voir avec le fait de manger des chips. L’exemple est volontairement absurde, pour montrer qu’il n’y a pas besoin d’avoir le moindre rapport entre la prémisse et la conclusion.

    2. Vous ne savez pas comment vous allez lui expliquer ? et alors ?
      Il faudrait que toutes choses soient simples à expliquer à votre fifille ?

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