Comment rédiger l’introduction

Comment rédiger son intro de dissertation de philosophie ? Quelles sont les étapes obligatoires ? Celles facultatives ? Et quand vaut-il mieux l’écrire ? On fait le point sur la méthode de l’introduction.

Scan d'une vieille page de cahier lignée, vierge et légèrement rosée
Cosmos Pencil Tablet Paper par Calsidyrose (CC-BY)

L’introduction est le premier contact avec le lecteur. C’est un moment important, qui montre déjà si vous maîtrisez la méthode. Un correcteur connaît à peu près votre note rien qu’en lisant l’introduction. Autant ne pas la bâcler !

Une intro est toujours structurée en 3 ou 4 étapes :

  1. accroche (facultative)
  2. définition des termes du sujet
  3. énoncé de la problématique
  4. annonce de plan

Le correcteur va chercher ces étapes dans votre texte. S’il n’y parvient pas, c’est que votre introduction est confuse ou manque de structure. Il faut donc être le plus clair possible. Une bonne idée est de revenir à la ligne à chaque nouvelle étape. Vous indiquez ainsi visuellement le changement et aidez le lecteur à suivre votre pensée.

Étape 1 : l’accroche

Article détailléFaire une accroche

C’est une étape facultative. Elle consiste à prendre un élément “accrocheur” pour capter l’attention du lecteur. On part de quelque chose “hors philosophie” (fait historique, événement récent, fiction, etc.) et on amène vers le sujet. L’idée est de ne pas démarrer trop sèchement, directement en donnant la définition des termes du sujet.

Étape 2 : définir les termes

Article détailléDéfinir les termes

Il s’agit d’expliciter le sens qu’on donne aux mots du sujet. Fournir des définitions permet d’être d’accord sur “de quoi on parle” et évite les malentendus. Pensez à un sujet sur la morale : il vaut mieux définir la morale dès le départ, sinon on risque de ne pas se comprendre.

Étape 3 : poser la problématique

Articles détaillésComment trouver la problématique ? + Poser la problématique

La définition des termes fait apparaître un problème intellectuel, un paradoxe. C’est ce qu’on appelle la problématique. L’introduction doit expliquer clairement quel est ce problème. Il ne s’agit pas juste de poser une question, mais de montrer au lecteur que quelque chose “ne fonctionne pas” avec les définitions.

C’est une étape cruciale de la copie. Si vous n’identifiez pas de problème, vous n’avez pas de raison d’écrire de dissertation. En réalité, toute votre dissertation est un essai pour solutionner ce problème. Vous devez donc être très pédagogique.

Étape 4 : annoncer le plan

Article détailléL’annonce de plan

Une fois le problème présenté, on déroule les étapes de sa résolution. C’est-à-dire le plan. Annoncer le plan montre que vous savez où vous allez et donne une idée de la progression que vous allez suivre. En pratique, il s’agit de faire 3 phrases qui décrivent rapidement le contenu de vos 3 parties.

Certains professeurs préfèrent du suspense (sic) et disent que l’annonce de plan est facultative. D’autres affirment l’inverse : “S’il n’y a pas d’annonce de plan, c’est qu’il n’y a pas de plan”. Pour être prudent mieux vaut toujours annoncer son plan.

Quand rédiger l’introduction ?

L’introduction peut se rédiger avant d’écrire le développement, ou bien à l’inverse après l’avoir écrit. Chaque option à ses avantages et ses inconvénients. Rédiger l’introduction en premier suppose d’avantage de maîtrise, mais donne souvent un résultat plus convaincant. L’écrire après le développement permet de rattraper des erreurs, mais ne garantit pas de sauver la copie.

On peut aussi écrire les définitions et la problématique d’abord, et compléter l’annonce de plan une fois la copie entièrement rédigée. Cela permet d’avoir une idée nette de la problématique et du sens des mots, sans obliger à suivre un plan qu’on n’a pas complètement prévu.

30 comments / Add your comment below

  1. Bonsoir,
    Je viens de lire tous vos articles sur la dissertation ( très utiles et bien expliqués merci beaucoup !!!).
    Mon seul problème est que vous conseillez de revenir à la ligne à chaque partie de l’introduction pour que cela soit plus clair. J’étais D’accord avec vous, mais en relisant mes cours de philo et les méthodes données par ma prof je viens de voir qu’elle nous interdit de faire apparaître des parties dans nos introduction et de conclusion. Est-ce vraiment une faute grave que de faire des paragraphes dans son introduction et sa conclusion?

    1. Bonjour, ça dépend de ce à quoi pense ta prof.

      Sauter des lignes entre les différents moments de l’intro et de la conclusion, c’est 100% interdit. Tout le monde est d’accord. Revenir à la ligne (sans sauter de ligne), j’ai jamais entendu d’argument contre.

      Revenir à la ligne, c’est pas grave (et je le conseille parce que ça rend la copie plus simple à lire). Sauter une ligne, là c’est une erreur grave. Le saut de ligne, c’est *uniquement* pour changer de partie.

  2. Bonjour, je m’adresse à vous car je suis en difficulté sur un sujet de philosophie. Je n’attends pas de vous une réponse toute prête étant donné que j’ai vu que vous ne donniez aucune réponse aux sujets. J’aimerais donc savoir si l’idée et le chemin vers lequel je m’aventure dans cette dissertation est le bon, ou si je suis en train de me planter complet. Mon sujet est  » L’idée d’inconscient dévalorise-t-elle l’être humain? ». Je e parviens pas à trouver d accroche, j ai défini l’ inconscient ( Freudien ) ainsi que l’être humain (je ne sais pas si c’est utile…) et je ne trouve pas de paradoxe. Je me demande si je dois relier l’inconscient au terme valeur que l’on retrouve dans « ďévalorise » pour ensuite expliquer que la valeur « suprême » est la liberté et qu il ne peit y avoir de liberté avec une entité non controlée et qui nous controle qu’est l’inconscient. C’est tout ce qui me vient en tête et je trouve ça vraiment perché, c’est pourquoi je m’adresse à vous.
    Je vous prie de bien vouloir m’aiguiller, un élève de TS un peu perdu ^^.

    1. Bonjour,

      J’aime pas le dire, mais les sujets donnés les profs sont ne pas tous bons. Dans un mauvais sujet, le problème n’est pas juste lié aux définitions habituelles des mots. C’est un problème qui n’apparaît que si on accepte certains présupposés, qui peuvent être très contestables. Ton sujet a l’air dans ce cas.

      Si je le reformule un peu brutalement, il donne « L’idée d’inconscient rabaisse-t-elle l’homme ? ». Dit comme ça, on voit peut-être mieux qu’il y a parti pris latent. Quand on dit qu’on dévalorise l’être humain, on part du principe qu’il était valorisé positivement au départ (à raison, à tort ?) et que l’inconscient touche à ce qui fait sa valeur (est-ce certain ?).

      Bilan, je vois pas le problème non plus. Ton hypothèse est un peu perchée, mais pas tant que ça. Si on dit que l’être humain est défini par sa liberté, l’inconscient pourrait bien être en contradiction avec ça. Mais ça suppose d’accepter que l’être humain est défini par sa liberté. Un, c’est super contestable. Deux, tu introduis un concept massif qui n’est pas dans le sujet (« liberté »), ce qu’en théorie on ne doit jamais faire.

      Hésite pas à regarder les autres pages de méthode du site, notamment sur la problématique.

      Bon courage :/

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