Comment faire une sous-partie ?

En dissertation de philosophie, chaque grande partie se compose de plusieurs sous-parties. Cet article explique comment construire une sous-partie claire et efficace, qui fait progresser la copie vers la résolution de la problématique.

Des feuilles de papier lignées
Photo par Quinn Dombrowski via Flickr (CC-BY-SA 2.0)

Une sous-partie de dissertation a toujours la même structure. Elle se compose d’une idée et d’une raison d’accepter cette idée. On commence par affirmer quelque chose, puis on explique pourquoi cette affirmation est solide : on donne un argument.

En pratique, ces deux moments sont parfois difficiles à séparer. Il arrive qu’on donne l’argument avant l’idée, ou bien que l’argument s’approche plus d’un exemple que d’un raisonnement logique. Ce n’est pas grave, du moment qu’on puisse bien voir « ce que vous dîtes » et « pourquoi vous dîtes ça ».

Étape 1 : affirmer quelque chose

Une sous-partie défend toujours une idée. Vous ne pouvez pas rester hésitant : vous devez prendre position, soutenir clairement quelque chose. Parfois, ça veut dire affirmer des choses avec lesquelles vous n’êtes pas 100% d’accord (ou même pas d’accord du tout).

Vous allez utiliser une idée simple, qui n’a pas besoin d’être originale et qui peut avoir des défauts. L’important est que l’idée fasse avancer vers la résolution du problème posé en introduction. Dans une sous-partie, vous utiliserez une idée :

Simple. Vous devriez pouvoir l’expliquer en une phrase courte, sans connecteur logique (et, ou, car, donc, etc.) et prononçable à l’oral en moins de 10 secondes. Si vous n’y arrivez pas, votre idée est probablement complexe : elle contient des sous-idées.

Courante, sans grande originalité. Les idées très originales sont difficiles à comprendre et à expliquer. En dissertation, n’allez pas chercher pas trop loin. C’est souvent suffisant, surtout en début de devoir.

Dont vous voyez au moins un défaut, une limite. Votre objectif est de construire une argumentation qui progresse. Choisir des idées auxquelles vous ne trouvez aucun défaut risque de vous bloquer. Sauf en fin de copie, préférez des idées dont vous avez repéré les failles. Vous trouverez plus facilement des contre-arguments.

Plausible, vraisemblable. Bannissez les idées bidons, que personne ne croit sérieusement parce qu’elles sont caricaturales ou visiblement fausses. Votre idée devrait susciter l’adhésion sans trop d’effort et ne pas déclencher un rejet immédiat de la plupart des gens.

Qui permet d’approfondir le sens des mots du sujet. En dissert, vous n’arrêtez jamais de définir. Chaque sous-partie est l’occasion de préciser, d’enrichir, voire de corriger la définition des termes posée en introduction. C’est en étudiant le sens des mots que vous trouverez une réponse à la problématique.

On verra des exemples d’idées de ce genre plus loin dans l’article.

Étape 2 : justifier son affirmation

Vous avez affirmé une idée, c’est bien. Mais pourquoi est-ce qu’on devrait être d’accord avec elle ? Qu’est-ce qui pourrait convaincre quelqu’un d’autre que cette idée est vraie, ou au moins plausible ? Vous devez donner une raison d’accepter votre affirmation.

Il existe de multiples façons d’argumenter qu’on ne détaillera pas ici. Pour vous aider, vous pouvez consulter cette liste rapide des types d’arguments ou cette liste plus détaillée. L’essentiel est de bien comprendre votre objectif. Dans une sous-partie, vous ne cherchez pas :

  • à prouver que votre idée est vraie et irréfutable
  • à convaincre quelqu’un qui est complètement opposé à cette idée
  • à détailler en profondeur pourquoi votre idée est juste

Vous cherchez à montrer que votre idée est minimalement solide. Il n’y a pas « zéro raison d’y croire ». Au contraire votre idée « se tient », elle « n’est pas absurde ». Elle constitue un point de vue raisonnable, avec lequel on peut être d’accord.

Comme votre idée, votre argument devrait être assez simple et facile à comprendre. Évoquer un fait scientifique reconnu peut être une façon de justifier votre idée. Utiliser une analogie peut aussi fonctionner. Il n’y a pas de méthode unique sur ce point.

Essayez toujours d’utiliser un argument « fort », qui pourrait être jugé valable quelque soit l’avis de départ de la personne en face. Un bon argument doit convaincre le plus grand nombre, pas seulement ceux qui sont déjà d’accord avec l’idée défendue.

Il est aussi important de lier la sous-partie à ce qui précède ou à ce qui va suivre. Ce sera abordé avec l’exemple n°2.

Exemple n°1 : débuter sa copie

Prenons le sujet, « La technique transforme-t-elle l’existence humaine ? ». La première sous-partie du développement pourrait être :

La technique est un moyen de transformer la nature. Elle change les conditions de vie de l’homme et le fait rompre avec son état naturel. Elle transforme donc toujours l’existence humaine.

Au début de la seconde partie du Discours sur l’origine de l’inégalité, Jean-Jacques Rousseau montre que c’est la technique, aussi simple qu’elle soit, qui distingue l’homme naturel isolé et l’homme qui fabrique des outils et vit en société.

Le premier paragraphe expose une idée simple, peu originale et facile à comprendre. Il tire une conclusion de cette idée qui répond au sujet : « Oui, la technique transforme l’existence humaine ».

Le second paragraphe invoque un auteur qui va dans ce sens. Selon Rousseau, la technique provoque un changement profond dans l’existence humaine. On passe de la vie isolée à la vie en société.

Cette justification est assez faible : elle s’appuie sur l’autorité de l’auteur. Mais notre idée est de toute façon assez plausible. Mentionner Rousseau montre que nous ne sommes pas seuls à penser ainsi… Et permet d’approfondir un peu notre propos.

Exemple n°2 : passer d’une idée à une autre

Une sous-partie n’est jamais autonome : elle s’appuie sur ce qui a été dit avant et prépare ce qu’on va dire ensuite. On ne pose pas ses idées les unes après les autres sans aucun lien. Au contraire, on élabore une réflexion unie, qui s’expose en plusieurs parties connectées entre elles.

Chaque sous-partie est comme une pièce d’un jeu de construction (façon Kapla). Si l’on pose les pièces les unes à coté des autres sans qu’elles se touchent, on ne construit rien. Quand on ajoute une pièce, elle doit faire monter l’édifice et pouvoir servir à ajouter d’autres pièces par-dessus.

Une 2e sous-partie pourrait donc venir juste après la 1re :

Pourtant, les changements produits par la technique paraissent superficiels. De l’homme naturel à nos jours, certaines choses de changent pas : la peur de la mort ou l’importance du désir par exemple.

Si la Lettre d’Épicure à Ménécée nous parle encore 2000 ans plus tard, c’est parce qu’elle renvoie à des aspects stables de notre existence. La technique a changé depuis, mais pas l’existence humaine.

Cette sous-partie ne rejette pas ce qui a été dit juste avant. Oui, la technique change les conditions de vie de l’homme. Oui, elle peut le faire de façon importante. Mais, non, ce n’est pas une transformation profonde. L’existence humaine reste la même.

Il ne s’agit pas de changer d’avis en passant de « oui » à « non » entre deux sous-parties. Il s’agit d’envisager différents points de vue qui ne sont pas forcément incompatibles. Notre point de vue final sera plus riche et plus nuancé, car nous aurons pris en compte de nouveaux éléments.

Erreurs à éviter

Rejeter complètement ce qui a été dit dans une sous-partie précédente. Chaque sous-partie doit avoir « quelque chose de vrai » qui mérite d’être gardé et qui ne sera pas abandonné plus tard dans le devoir. Si on finit par rejeter complètement une idée, ça ne valait pas la peine d’en parler au départ.

Vouloir croire ce que vous dites. Dans une dissertation, on défend le point de vue pour lequel on a trouvé le plus d’arguments. Dès fois, c’est pas celui avec lequel on est personnellement d’accord. Peu importe. L’objectif, c’est d’avoir la meilleure argumentation, pour avoir une bonne note.

Comment trouver la problématique ?

Comment trouver la problématique en dissertation de philosophie ? Quelles sont les étapes clés ? les erreurs à éviter ? et que faire si on n’y arrive pas ? On revoit la méthode avec un exemple.

puzzle en cours de complétion
Puzzling (CC-BY Jolene Faber)

Cet article est le 2e de notre série sur la problématique en dissertation. Voir aussi : Comprendre le sujet de dissertation (1/3) et Poser la problématique (3/3).

Comprendre ce qu’est la problématique

La problématique est un problème intellectuel qui apparaît lorsqu’on définit les mots du sujet de dissertation. On la présente souvent comme un paradoxe, c’est-à-dire quelque chose qui va contre nos attentes et semble contenir une contradiction.

Chaque sujet est construit pour avoir une problématique et une seule. Elle est “cachée” dans le sujet et votre mission est de la découvrir. Une fois le problème trouvé, votre développement de dissertation proposera une solution.

On peut comparer le sujet à jeu de casse-tête où il faut séparer des pièces imbriquées les unes dans les autres. Il y a différentes pièces emboîtées : c’est les définitions. On essaie de les séparer, mais ça coince : c’est la problématique.

1. Définir les termes du sujet

Au brouillon, on liste les sens de chaque mot du sujet. À cette étape, on peut s’aider d’un dictionnaire généraliste (type wiktionnaire) et d’un dictionnaire spécialisé en philosophie. Si le sujet contient une expression courante (“désirer l’impossible”, etc.) il faut en plus lister les sens de l’expression.

Cela permet de se familiariser avec les termes du sujet et de voir quels sont les grands champs concernés (art, politique, science…). L’objectif est de n’oublier aucun des sens importants de chaque mot.

définitions de "appartenir" et "nous" écrites à la main sur du papier
Sujet « Le temps nous appartient-il ? »: voilà à quoi peut ressembler un début de brouillon

2. Garder les sens importants en philosophie

Tous les sens listés à l’étape 1 ne sont pas utiles pour une dissertation. On va réduire notre liste en gardant seulement les sens issus d’un dictionnaire de philosophie et ceux qui montrent que le sujet joue sur les mots. On supprime aussi les définitions relatives à la théorie d’un auteur ou celles qui sont trop marquées par une tradition intellectuelle.

L’objectif est d’obtenir des définitions réputées « neutres philosophiquement ». C’est-à-dire que n’importe quel philosophe pourrait accepter comme point de départ de sa réflexion, indépendamment de sa définition « personnelle ». La définition personnelle d’un auteur est une réponse, une prise de position sur un problème. Ce qu’on cherche ici est une définition « point de départ ».

En temps limité, il est conseillé de passer directement à cette étape, sans rédiger au brouillon tous les sens de chaque mot. C’est ce que font ceux qui ont déjà l’habitude de la dissertation.

définition de "temps" écrite à la main sur du papier
Sujet « Le temps nous appartient-il ? » : à cette étape on n’a gardé que les définitions de « temps » intéressantes en philosophie

3. Chercher une contradiction

L’objectif est maintenant de trouver un problème qui s’appuie sur ces définitions. En général, ce problème a la structure suivante :

Il semble impossible que [[ idée ]]. Pourtant il semble inévitable que [[ même idée ]]

La problématique nous met face à une contradiction apparente : on a l’impression que deux choses incompatibles entre elles sont vraies en même temps.

Malheureusement, il n’y a pas de méthode infaillible pour trouver cette contradiction. Mais voilà quelques idées pour y arriver :

  • comparer les différents sens d’un même terme
  • rapprocher les termes du sujet, sens par sens
  • chercher des liens logiques entre les notions
  • chercher des différences / points communs entre les notions

En bref, il faut manipuler les définitions. On doit se demander ce qu’elles impliquent, ce qu’elles supposent et quelles sont leurs relations.

Exemple de problématique

Reprenons le sujet “Le temps nous appartient-il ?”. Ici le problème vient de deux aspects du temps qui semblent contradictoires :

D’un coté, l’homme peut s’approprier le temps. On choisit quoi faire de “notre” temps, on dit “avoir” du temps. Le temps est une durée qu’on occupe comme on veut. Mieux, c’est nous qui le mesurons et qui choisissons de le découper en heures, en minutes, etc. En ce sens le temps nous appartient.

D’un autre coté, le temps nous est compté. Chaque instant qui passe est un morceau de temps qui nous est enlevé. L’homme fait partie du temps. Nous vivons dedans, mais nous n’avons aucune prise sur lui. Nous ne pouvons pas l’arrêter. En ce sens le temps ne nous appartient jamais.

On voit le problème : le temps nous appartient… et en même temps il ne nous appartient pas. Mais une bonne problématique va plus loin. Elle montre que cette contradiction a des conséquences désastreuses. Elle dramatise.

L’enjeu est de comprendre le rapport entre le temps et nous-même. Car si le temps ne nous appartient pas, c’est notre existence elle-même qui nous échappe. Pour que notre existence soit bien la notre, il faut pouvoir en faire ce que l’on veut. Elle doit nous appartenir.

Les erreurs à éviter

Ajouter / enlever des termes au sujet. La problématique émerge des mots du sujets et de ceux de leurs définitions. Il ne faut pas ajouter de notions extérieures ou supprimer des notions présentes. Le sujet “Peut-on croire la vérité ?” n’est pas “Faut-il croire la vérité ?”.

Utiliser des synonymes. Il faut coller aux mots exacts du sujet et ne pas s’en écarter. Un sujet sur la “société” n’est pas un sujet sur la communauté, le groupe ou même l’État. Si vous cherchez le problème loin des mots du sujet, vous aller le rater.

Choisir un problème plus large que le sujet. Le sujet fournit un contexte : il sous-entend que certaines questions sont déjà résolues. Par exemple “Pourquoi être moral ?” suppose que la définition de “morale” est déjà connue. Le problème n’est donc pas “Qu’est-ce que la morale ?”. Ce genre de question est plus large que le problème que vous cherchez.

Choisir un “plaradoxe”. Évitez les “plaradoxes” : les faux paradoxes qui tombent à plat. Il s’agit de questions dont la réponse est évidente, parce qu’elles ne correspondent pas à un vrai problème. Exemple : “Comment les besoins peuvent-ils être différents selon les gens ?” ; “Comment la définition de science peut-elle être aussi différente de la pratique des sciences ?”.

Mais si je ne trouve pas la problématique ?

Pas de panique. Même s’il n’y a qu’une seule “bonne” problématique, les correcteurs acceptent quand même d’autres problématiques. Il s’agit de problèmes proches ou de problèmes secondaires qui sont considérés comme valables.

Au lycée, les professeurs sont bienveillants : ils savent que la dissertation est un exercice difficile et ne vous en voudront pas ne pas trouver LE problème. Plus tard dans les études, c’est différent. En fac de philo, on attend de vous de trouver l’unique problème central lié au sujet.

S vous n’êtes pas sûr que le problème que vous avez trouvé est le bon, demandez vous :

  • est-ce que je peux expliquer clairement à quelqu’un d’autre où se trouve le paradoxe ?
  • est-ce qu’il est lié directement aux définitions des mots du sujet ?
  • est-ce que le problème est solide ? est-ce qu’il me semble difficile à résoudre ?
  • est-ce que d’autres étudiants ont trouvé le même problème que moi pour ce sujet ?

À lire aussi : Comment poser la problématique en introduction ? (conseils de rédaction pour bien expliquer sa problématique)

Comprendre le sujet de dissertation

Beaucoup d’élèves échouent car ils confondent sujet et problématique. Ou parce qu’ils pensent que le sujet est une question à laquelle il faudrait répondre. Ils ne comprennent pas ce qu’est le sujet et à quoi il sert. On fait le point, en rappelant les erreurs à éviter.

plusieurs paquets emballés dans du papier craft, on ne sait pas ce qu'il y a à l'intérieur
Des objets mystères emballés (photo par Annie Spratt via Unsplash)

Cet article est le 1er d’une série autour de la problématique en dissertation. Pour les articles suivants voir : Comment trouver la problématique ? et Poser la problématique.

C’est quoi un sujet de dissertation ?

Un sujet de dissertation est une formule de quelques mots qui dissimule un problème. Le sujet est une boîte, un contenant : quand on l’ouvre on découvre une difficulté intellectuelle. C’est la fameuse problématique.

Le sujet peut prendre plusieurs formes. Il peut être constitué d’un seul mot ou de plusieurs. Être une question, une expression courante ou même une citation. La plupart des sujets rentrent dans les catégories suivantes :

  • un mot unique (L’autorité)
  • deux mots reliés (Le fond et la forme)
  • une expression courante (Prendre son temps)
  • une citation (« L’homme est un loup pour l’homme »)
  • une question (Dépend-il de nous d’être heureux ?)

Le sujet n’est pas la problématique

Il ne faut pas confondre le sujet et la problématique. La problématique, c’est le cœur du devoir, c’est ce que vous allez travailler pendant toute la copie. Le sujet, c’est un emballage : une fois qu’on l’a ouvert, il ne sert plus à rien et on l’oublie.

Imaginez un objet mystère empaqueté dans du papier opaque. Vous ne pouvez pas voir l’objet, mais vous pouvez deviner ce que c’est. En le touchant, en le secouant, vous essayez de savoir ce qu’il y a à l’intérieur. C’est la même chose en dissertation.

Le sujet est un emballage qui vous empêche de voir directement le problème intellectuel. Mais même si vous ne le voyez pas, vous pouvez le trouver. C’est juste plus difficile. Votre première mission est donc de percer le mystère : qu’y a-t-il dans le sujet ? Quel est le problème caché à l’intérieur ?

Le danger des sujets-questions

Certains sujets prennent la forme d’une question : « Peut-on désirer l’impossible ? », « Toute vérité est-elle scientifique ? », etc. Ces sujets sont trompeurs : ils donnent l’impression qu’il faudrait répondre à la question posée.

En réalité, l’objectif d’une dissertation n’est jamais de répondre à la question du sujet. Cette question est sans intérêt. Elle sert à trouver la problématique, rien de plus. Essayer d’y répondre, c’est comme s’intéresser au papier cadeau plutôt qu’au cadeau lui-même. On passe à coté de l’essentiel.

Il est donc bon de se souvenir que le sujet aurait pu être exprimé autrement. Des sujets comme « Prendre son temps » et « Peut-on prendre son temps ? » sont quasiment identiques. Mais le sujet-question est trompeur : il masque la fonction réelle du sujet et donne l’illusion qu’on pourrait « répondre à la question du sujet ».

Aborder le sujet : deux erreurs à éviter

Accorder la même importance à tous les mots. Tous les mots du sujet comptent, mais pas tous autant. Il faut savoir reconnaître quand un mot est plus important qu’un autre, ou quand un terme ne change presque rien.

Exemple : la plupart des « peut-on » des sujets-questions sont sans importance. Ils n’indiquent pas que les notions de possibilité ou d’impossibilité sont au centre du devoir, comme on pourrait s’y attendre. Leur rôle est juste de former une question, là où le sujet aurait très bien pu être exprimé autrement.

Ne pas voir l’importance de certains mots. C’est l’erreur inverse. On ne voit pas ce que change un terme et on rate une nuance. On risque alors de traiter un sujet différent, car on n’a pas vu la spécificité du sujet donné.

Exemple : « Prendre le temps » n’est pas le même sujet que « Prendre son temps ». Le 2e sujet est orienté sur l’individu, voire sur l’expérience intime (mon temps, celui qui constitue ma vie). Cette dimension peut-être abordée dans les deux sujets, mais elle est primordiale dans le 2d, alors qu’elle est annexe dans le 1er.

Voir aussi : Les erreurs à éviter quand on cherche la problématique

Qu’est-ce qu’une dissertation de philo ?

La dissertation de philosophie est un exercice scolaire qui vise à évaluer des élèves. Elle demande de trouver un problème philosophique et de lui rédiger une solution argumentée. On oublie pourtant trop souvent les conséquences de cette définition.

Fuck fuck fuck écrit à la main sur un carnet
Dear Diary par Rick Harris (CC-BY-SA)

Tout le monde veut réussir sa dissertation. Mais qui s’arrête pour se demander : “C’est quoi, une dissertation de philo ?”. “Qu’est-ce qu’on fait quand on écrit une dissert ? Quel est le sens de ce type de devoir ?” C’est ce que j’explique dans cet article.

La dissertation est un exercice scolaire

La dissertation est donnée par un professeur à des élèves. C’est un moyen qu’il utilise pour évaluer leurs compétences et leurs connaissances. Elle s’insère dans un contexte particulier : celui de la Terminale, de la prépa ou des études de philosophie. Cela semble évident, mais on peut en tirer deux leçons.

Premièrement, une dissertation est toujours faisable. Le but est de tester vos capacités : il serait absurde de vous demander quelque chose de trop difficile pour vous. De plus, votre professeur a une idée du niveau que vous devriez avoir : il va vous juger en fonction de ce qu’il peut raisonnablement attendre de vous.

Deuxièmement, c’est artificiel. La dissertation n’est pas le lieu pour une pensée personnelle authentique : c’est un devoir d’école. Pour la réussir, il faut suivre certaines règles. On peut les juger stupides, formelles ou ridicules, mais c’est le jeu. Vous pourrez réfléchir plus librement quand vous ne serez pas forcés d’écrire une dissertation.

La dissertation résout un problème intellectuel

Une dissertation est un exercice dans lequel on doit trouver et résoudre un problème philosophique. Ce problème (ou problématique) est au centre du devoir. C’est parce qu’on rencontre une difficulté intellectuelle qu’on va se mettre à réfléchir et à écrire une dissertation.

Ce problème n’est jamais donné explicitement. Il est caché à l’intérieur d’un sujet. Il faut analyser le sujet de dissertation pour trouver le problème. C’est en définissant les termes du sujet qu’on fait émerger un obstacle, quelque chose qui empêche d’utiliser les mots de façon simple. C’est cette difficulté qu’on appelle “problème” ou “problématique”.

Le développement de la copie va ensuite affronter et dépasser cet obstacle. En étudiant plus profondément le sens des mots, on va dissoudre le problème. Cette analyse prend du temps ; elle doit être argumentée et organisée. C’est elle qui occupe la copie entre l’introduction et la conclusion.

Si vous comprenez tout cela, vous comprenez ce qu’est une dissertation. Vous risquez moins de rater votre copie, car vous saisissez le sens de l’exercice. Vous n’avancez pas à l’aveugle, en suivant mécaniquement des règles apprises par cœur.

Reste à savoir pourquoi les professeurs demandent des dissertations et quelles sont leurs attentes.

Pourquoi donner des dissertations  ?

Celui qui donne une dissertation aurait pu utiliser d’autres moyens pour vous évaluer : questionnaire à choix multiples, exposé oral, liste de questions, etc. Pourquoi choisir la dissertation ? La tradition scolaire joue un rôle, mais il n’y a pas que ça.

La dissertation permet d’évaluer beaucoup de choses à la fois. En lisant votre copie, on voit si vous savez exprimer et organiser votre pensée. L’exercice vous demande de manipuler des idées, de savoir “ce que vous pensez” et de pouvoir le dire clairement.

La dissert va aussi montrer si vous savez défendre votre point de vue. Êtes-vous capable de donner des raisons d’accepter vos idées ? Des raisons que d’autres pourraient juger valables ? En philosophie, avoir une opinion ne suffit pas : il faut pouvoir l’argumenter.

Enfin, l’exercice teste votre aptitude à faire progresser votre point de vue. Êtes vous capable d’accepter des critiques et de faire évoluer votre opinion ? Ou bien de rester sur votre opinion initiale, mais en la nuançant ? La progression est l’un des principaux aspects de la note de votre copie.

La dissertation est donc un exercice complexe. Elle mobilise de nombreuses de aptitudes en même temps. Pour l’enseignant, elle a un aspect pratique : elle permet de tester en un seul devoir beaucoup de vos compétences.

Faire une ouverture (ou pas)

Qu’est-ce que l’ouverture en dissertation de philo ? Est-ce obligatoire ? Comment peut-on apprendre à « ouvrir » ? Et quels sont ses dangers de cette étape ? On fait le point sur l’ouverture et ses limites.

Panneau de signalisation indiquant une impasse
Impasse par Frédéric Bisson (CC-BY)

Qu’est-ce qu’une ouverture de dissertation ?

L’ouverture est une dernière partie facultative de la conclusion. Elle intervient une fois que vous avez rappelé la problématique, résumé votre plan, et énoncé votre réponse finale au problème qui vous était posé. Une fois ces 3 étapes terminées, certaines méthodes suggèrent « d’ouvrir », ou « d’élargir » (on présente parfois l’ouverture comme un « élargissement »).

L’ouverture relance la réflexion. Elle montre « dans quelles directions possibles » on pourrait poursuivre la réflexion[1]. Elle pose une question « qui s’inscrit dans la continuité logique de ce que vous avez fait »[2]. Elle part de votre conclusion pour aller plus loin, vers des questions qui n’avaient pas leur place dans votre dissertation mais qui pourraient être intéressantes. Ou même servir de problématique à une nouvelle dissertation[3].

Beaucoup de méthodologies insistent sur la difficulté de l’ouverture, sur son caractère risqué (pour l’élève), et sur son caractère facultatif. Réussir une ouverture suppose de très bien maîtriser la dissertation. Une ouverture mal faite peut saborder une copie et mettant en lumière ses pires défauts.

C’est pourquoi même les méthodologies qui accordent du crédit à l’ouverture la présentent comme facultative. On peut élargir, il est possible d’ouvrir, mais ça n’est jamais obligatoire. Le Bulletin Officiel sur l’épreuve du bac philo va d’ailleurs dans ce sens (je souligne) :

L’évaluation de la copie du candidat est globale. […] Aucune méthode, aucun plan ne sont imposés ni interdits au candidat, dès lors qu’il effectue l’exercice demandé en manifestant les aptitudes requises.

Ce qui ne va pas avec l’idée d’ouverture

Problème : il n’y a pas de méthode qu’on pourrait apprendre pour réussir l’ouverture. L’évaluation de l’ouverture est complètement arbitraire : elle dépend du bon vouloir du correcteur. Il n’y a pas de « méthode de l’ouverture ». Pire, élargir va contre la logique de la dissertation : c’est inutile et dangereux.

Inutile

L’objectif d’une conclusion est de conclure, de clore la réflexion. Il est donc normal que la conclusion rappelle le problème, résume le raisonnement, et exprime clairement votre solution à la problématique. Mais pourquoi aller plus loin ?

L’ouverture intervient à la fin de la dissertation, à un moment où vous devriez déjà avoir dit tout ce qui était important. Elle va à l’encontre de l’objectif de la conclusion, et propose de continuer à réfléchir hors du cadre du sujet et de la dissertation. Louable, mais inutile pour l’exercice.

Dangereux

L’ouverture est l’ultime moment pour écrire n’importe quoi. Ce risque est d’autant plus fort que le sujet n’est plus là pour vous cadrer. “Ouvrir”, “élargir” : oui, mais pour parler de quoi ? Personne ne peut l’expliquer. La réponse dépend de la problématique, de votre raisonnement, de vos connaissances… et de celles de votre correcteur.

Vouloir “élargir” met face à une alternative néfaste :

  • Ou bien ce dont on parle a un rapport étroit avec le sujet… et il fallait en parler avant
  • Ou bien ça n’a pas de lien avec le sujet… et on ne voit pas pourquoi en parler

Dans le premier cas, on dévalue sa copie. On montre qu’on a bien vu certains thèmes et problèmes… mais qu’on a pas compris qu’ils étaient importants… et qu’on a oublié de les traiter pendant le développement.

Cela peut aller jusqu’à mentionner la problématique qu’il fallait travailler dans la dissert… en la proposant comme réflexion d’ouverture. On signale alors clairement au correcteur qu’on n’a rien compris, et qu’on a complètement raté le sujet.

Arbitraire

Le contenu de l’ouverture est libre : il est détaché de la plupart des contraintes qui évitent le hors-sujet. On part de sa dissertation pour aller “plus loin”. Le contenu de l’élargissement est donc intimement lié à ce que vous avez dit.

C’est pourquoi les méthodologies qui prônent l’ouverture sont souvent vagues et peu détaillées sur ce que vous devriez y mettre. Pour vous expliquer “quoi dire”, il faudrait avoir une dissertation sous la main, déjà réalisée, et qui servirait de point de départ pour trouver “quoi dire en ouverture”.

Le contenu de l’ouverture est donc arbitraire et désolidarisé de règles méthodologiques fortes. Alors qu’on peut énumérer les étapes d’une intro, d’une conclusion, d’un paragraphe, rien ne permet de disséquer la structure d’une ouverture. Elle ne peut donc pas être évaluée de façon objective, au regard d’une série de critères partagés et (globalement) reconnus par l’ensemble des correcteurs.

Autres critiques de l’ouverture

Plusieurs autres méthodologies mettent en garde contre l’ouverture ou la déconseillent franchement. Elles ne sont pas aussi véhémentes que Dicophilo, mais elles se rejoignent pour dire que l’ouverture n’est ni une évidence, ni une étape obligée.

Copiedouble.com :

Dans une copie de bac, nous vous déconseillons de chercher à faire une “ouverture”. Soignez bien la conclusion – bilan. Ce sera très satisfaisant. [4]

Cédric Eyssette (n’exclut pas l’ouverture, mais indique ses dangers) :

Ce n’est pas la peine de faire une “ouverture” à proprement parler, mais vous pouvez indiquer un point sur lequel votre analyse mériterait d’être approfondie. Attention cependant, l’ouverture doit être une simple nuance […] : il ne faut pas poser une question qui remette totalement en question votre réponse finale… [5]

Blog « Bac philo » de L’Étudiant :

Ce qu’il faut éviter […]
L’ouverture : c’est là encore inutile de proposer une ouverture dans la conclusion d’une dissertation de philosophie. Le plus souvent c’est maladroit et artificiel […]. En dissertation il s’agit de répondre à la question posée et non pas d’agiter des idées.

Wikilivres :

vitez les ouvertures en fin de conclusion. Ces ouvertures sont trop souvent des pièges où l’on tombe dans des généralités qui affaiblissent la qualité de la conclusion. De plus, par définition, une conclusion doit clore votre traitement du sujet […], votre travail est terminé. Pourquoi faudrait-il ajouter quelque chose ?[3]

Mais je DOIS faire une ouverture !

Certains professeurs conseillent leurs élèves à faire des ouvertures. Si c’est votre cas, rappelez-vous : aux examens officiels type Bac, ce n’est pas votre professeur qui vous corrige. Préparez-vous pour l’examen final, et ne perdez pas de temps avec l’ouverture.

Si votre enseignant vous oblige à ouvrir, c’est autre chose. Mais avant de bricoler maladroitement une ouverture, vérifiez que vous avez bien compris. Demandez à votre prof si c’est bien obligatoire à ses yeux, et dites-lui que vous avez croisé des méthodes qui disent l’inverse. Tout ça n’est peut-être qu’un malentendu.

Notes

[1] Arnaud François et Geoffroy Lauvau, Méthodologies : comprendre, apprendre, réussir, PUF, 2009, p. 259.
[2] Francis Méthivier, Bac de philosophie : comment rédiger la conclusion de sa dissertation de philosophie ?, 2014
[3] Anonymes, Wikilivres, Philosophie/Dissertation (section « Conclusion »)
[4] Copiedouble.com, Comment faire une conclusion de dissertation
[5] Cédric Eyssette, Méthode de disseration (2011-2012)
[6] Blog « Bac philo » de L’Étudiant,Comment conclure une dissertation bien sûr

Faire une conclusion

La conclusion est l’ultime moment d’un devoir de philosophie. Cet article explique à quoi sert la conclusion, quelles sont ses différentes étapes, et les erreurs à éviter. Il fournit également un exemple de conclusion rédigée.

Panneau de signalisation "End"
This is The End par Robert Couse-Baker (CC-BY)

À quoi sert la conclusion ?

La conclusion est la dernière étape d’une dissertation ou d’un commentaire de texte. Elle sert à résumer votre devoir et à donner votre réponse définitive à la problématique.

En introduction, vous avez exposé un problème philosophique. Au cours du développement, vous avez étudié ce problème. En conclusion, vous lui apportez une solution.

Les étapes de la conclusion

La conclusion comporte 3 étapes indispensables, et une étape facultative (voire déconseillée) :

  1. rappel du problème abordé
  2. résumé de votre raisonnement
  3. exposé de votre réponse finale
  4. ouverture (facultative)

Rappeler la problématique

Votre conclusion donne la solution d’un problème. Mais lequel déjà ? Après avoir lu toute la copie, le correcteur n’a probablement plus à l’esprit votre problématique exacte. C’est le moment la rappeler.

Résumer votre raisonnement

Autrement dit, rappelez le plan que vous avez suivi. Bien sûr, vous l’aviez annoncé en introduction, mais ce n’est pas une redite. En intro, vous annonciez le programme à venir. Maintenant, vous repassez le film de ce qui s’est déjà passé.

Vous savez précisément ce que vous avez dit et ce que contient votre copie. Vous avez une vue complète sur votre devoir. Synthétisez l’essentiel de chaque grande partie et montrez comment les idées s’enchaînent vers votre réponse au problème.

Exposer votre réponse

Vous allez dire au correcteur quel est le message central de votre copie, celui qu’il doit retenir. Vous allez donner de façon claire et explicite votre solution à la problématique. C’est à dire comment vous dénouez la difficulté intellectuelle discutée dans votre devoir.

Cette étape n’est pas toujours bien distincte de la précédente lorsque l’on rédige. Résumer le raisonnement est souvent déjà une façon de présenter votre résultat final. Mais même si les deux étapes sont souvent entremêlées, il ne faut pas oublier qu’on peut les séparer. À vous de voir ce qui vous correspond le mieux.

Ouvrir (facultatif et déconseillé)

Certaines méthodologies ajoutent une dernière étape : l’ouverture. Selon elles, la conclusion peut « ouvrir » vers d’autres problèmes ou d’autres thématiques. On relance alors la réflexion dans une nouvelle direction. Cette étape facultative est notoirement difficile.

De son coté, Dicophilo déconseille très fortement l’ouverture. L’ouverture pose des problèmes pratiques et conceptuels lourds, qui devraient décourager d’en faire. Pour plus de détails, voir l’article : Faire une ouverture (ou pas).

Les erreurs à éviter dans sa conclusion

Conclure en fin de 3e partie. On peut être tenté de faire un bilan du devoir en fin de 3e partie. Parce qu’on adhère aux idées exprimées en fin de copie, on les présente comme une réponse au problème. Cela revient à tuer votre conclusion. Elle n’aura plus rien à dire, puisque vous avez déjà conclu. Et puisque vous devez faire une conclusion, vous allez vous répéter. Dommage.

Ajouter de nouveaux éléments. La conclusion conclut, elle clos le devoir. Elle n’ajoute rien de nouveau à la copie. Il est strictement interdit d’insérer des exemples ou des arguments à cette étape. La conclusion ne sert pas à débattre ou à infiltrer une idée qu’on aurait oublié pendant le développement.

Ne pas conclure. Vous devez affirmer clairement votre solution à la problématique. Rester indécis, vague, ou flou n’est pas une bonne stratégie. Soyez limpides : le correcteur doit comprendre quelle est votre idée centrale. Soyez affirmatifs : ce n’est plus le moment de prendre des précautions et d’utiliser le conditionnel. Assumez vos idées.

Copier-coller votre introduction. Comme la conclusion, l’intro présente le problème et expose le plan. Mais reprendre telle quelle votre introduction n’est pas souhaitable. Rédiger votre copie a fait évoluer votre vision des choses et vous donne une vue nouvelle sur votre travail. Profitez-en. D’autant que le correcteur n’appréciera pas de lire deux fois la même chose.

Comment faire une bonne conclusion ?

Il est difficile de faire une bonne conclusion si le reste du devoir est brouillon ou hésitant. La conclusion se construit d’abord en suivant la méthode tout au long de la copie. Il faut en particulier :

  • Identifier clairement le problème posé
  • Organiser sa réflexion sous la forme d’un plan détaillé
  • Suivre son plan tout au long de la rédaction, sans dévier
  • S’assurer que sa réflexion conduise à une solution du problème

En somme, il faut savoir ce qu’on dit, pourquoi on le dit, et comment on le dit. Si vous comprenez ce que vous avez fait dans votre devoir, vous pourrez résumer votre travail en conclusion.

Exemple de conclusion

Cet exemple est tiré d’un devoir de CAPES (le concours pour devenir prof de philo). Il est forcément plus complexe qu’un exemple issu d’un devoir de lycée, mais Dicophilo n’a malheureusement pas de bonne copie de lycée sous la main.

Sujet : L’interprétation est-elle sans fin ?

Rappel de la problématique :

Nous sommes partis d’un constat étonnant. L’interprétation semble structurée par une fin qui explique pourquoi on interprète et quand on peut arrêter l’interprétation. Pourtant, on peut continuer à interpréter même lorsque cet objectif a été atteint. Le caractère structurant de la fin (but et arrêt) nous a ainsi semblé douteux.

Résumé des 2 premières parties :

Nous avons vu qu’il faut en réalité distinguer deux types d’interprétations. Une qui va vers la compréhension, comme fin interne susceptible d’être atteinte. Une autre qui part de la compréhension, et qui peut se poursuivre indéfiniment tant qu’elle reste cohérente et respecte des critères de méthode.

Résumé de la 3e partie :

Ces deux interprétations sont structurées par la compréhension : soit comme finalité réelle, soit comme idéal régulateur.

Réponse finale :

Ce qui structure l’interprétation, ce n’est pas la fin comme nous l’avions cru. C’est la compréhension qui joue ce rôle. Cela n’empêche pas la pratique de l’interprétation de se répéter à chaque époque. En ce sens et en ce sens uniquement, l’interprétation est « sans fin » : elle recommence sans cesse.

La reprise du plan n’est pas flagrante. Ici, on rappelle ce qu’a apporté chaque grande partie, mais uniquement pour amener vers notre réponse. L’enchaînement résumé / réponse est fluide.

Comment faire une annonce de plan ?

L’annonce de plan est la dernière étape de l’introduction. Qu’attendent les correcteurs ? À quoi ressemble une annonce de plan ? Et quelles sont les erreurs à éviter ? On fait le point sur la méthode.

Ne laissez par votre annonce de plan ressembler à un labyrinthe (photo par Enrique Flouret CC-BY)

L’annonce de plan se situe à la toute fin de l’introduction, juste après l’exposé de la problématique. Son objectif est de présenter au lecteur la structure de la copie : on va rapidement expliquer quelles sont les grandes parties et comment elles s’articulent.

Annoncer son plan montre au correcteur que l’on sait où l’on va. C’est un résumé à gros traits de la réflexion qu’on va mener. Il ne s’agit pas de tout dire, mais simplement de reprendre l’idée principale de chaque partie.

Imaginez que vous deviez résumer un film en 3 phrases courtes. Vous n’allez garder que l’essentiel et vous insisterez sur ce qui fait avancer l’intrigue. Pour annoncer son plan c’est pareil.

Structure générale

Les annonces de plan suivent toujours plus ou moins le modèle suivant :

Pour répondre au problème posé, on va d’abord voir que [[ idée 1 ]]. Mais cette idée ne suffit pas et on verra que [[ idée 2 ]]. Enfin, [[ idée 3 ]] permettra de dépasser les limites des 2 idées précédentes.

Avec ce modèle, on explique le contenu de chaque partie, mais on dit aussi pourquoi on avance dans la copie. C’est parce que nos idées ont des défauts, des limites, qu’on avance vers de nouvelles idées plus nuancées. Pour rester clair, l’idéal est de suivre la règle :

1 idée = 1 phrase courte = 1 grande partie

Si la copie a 3 grandes parties, l’annonce de plan fait 3 phrases. Chaque phrase exprime une grande idée, une tentative de résoudre le problème posé en introduction (la problématique).

Exemple d’annonce de plan

Sujet : Peut-on assimiler le vivant à une machine ?

Problématique (en bref) :

On a besoin d’assimiler le vivant à une machine pour le comprendre. Mais si on fait ça, on ne comprend plus ce que le vivant a de spécial. Et puis, si tout ce qu’on comprend du vivant c’est son aspect mécanique (inerte, non vivant), est-ce qu’on comprend vraiment le vivant ?

Annonce de plan :

Nous verrons dans un premier temps s’il est possible de comprendre le vivant d’une façon qui lui soit propre, sans l’assimiler à une machine.

Les limites de cette perspective nous amèneront ensuite à tenter de comprendre le vivant et la machine au moyen des mêmes outils intellectuels.

Ce n’est qu’une fois ces aspects éclaircis que nous pour repenser la différence vivant / machine au cours d’un troisième et dernier temps.

Même si le contenu de la dernière partie reste assez vague, on voit comment la copie progresse vers ce moment. Le contenu des parties précédentes est indiqué, et on sait comment se découpe le devoir (premier temps, ensuite, troisième temps).

Les erreurs à éviter

Ne pas avoir de plan. L’annonce de plan suppose un plan (!). Il est impératif de savoir où vous allez. Vous ne pouvez pas résumer une histoire dont vous ne connaissez pas la fin. Vous avez besoin de savoir où conduit votre réflexion pour écrire l’annonce de plan. Au pire, laissez du blanc.

Manquer de liens logiques. Pourquoi passe-t-on de la 1re à la 2e partie ? De la 2e à la 3e ? Vous devez expliciter cette progression de façon visible. C’est pourquoi certains professeurs interdisent de dire “Premièrement / Deuxièmement” : cela ne crée aucun lien logique entre les parties.

Ne pas être clair. Le correcteur doit comprendre sans effort quelle phrase correspond à quelle partie du plan. Soyez franchement lourd. Dans l’exemple plus haut, le rapport entre chaque phrase et le moment du plan est explicite : “dans un 1er temps ceci”, “ensuite cela”, et “dans un 3e et dernier temps…”.

Ne pas annoncer le plan. Certains professeurs disent que l’annonce de plan est facultative. Il préfèrent le suspense (sic). D’autres professeurs affirment l’inverse : s’ils ne voient pas d’annonce de plan, ils supposent qu’il n’y a pas de plan. Vous n’êtes pas là pour distraire des profs en manque de roman policier : annoncez votre plan.

Poser la problématique

Trouver la problématique, c’est bien. Savoir l’expliquer en intro, c’est mieux. Comment faire ? Quelles sont les erreurs à éviter ? On reprend la méthode, pour bien rédiger la problématique en introduction.

pièces de puzzle imbriquées
Puzzle (CC-BY-SA INTVGene)

Cet article est le 3e et dernier de notre série sur la problématique. Pour les articles précédents voir : Comprendre le sujet de dissertation et Comment trouver la problématique ?

On y est. Vous avez fait votre accroche (ou pas). Vous avez défini les termes du sujet (au moins en partie). Vous êtes maintenant prêt à présenter votre problématique. Pour ça, 7 règles à ne jamais enfreindre :

Ne répétez pas le sujet

Pas besoin de reprendre l’intitulé du sujet pendant l’introduction. Recopier le sujet donne l’impression que vous ne différenciez pas le sujet et la problématique. Ce n’est pas votre objectif. Notez le sujet en haut de la copie, mais rien de plus.

Continuez à définir les termes

N’arrêtez pas brusquement de définir les termes sous prétexte que vous avez changé d’étape de l’intro. Les étapes de définition des termes et d’exposé de la problématique se mélangent souvent. C’est normal, puisque la problématique émerge des définitions. Voir aussi : Définir les termes en introduction.

Utilisez uniquement les mots du sujet et des définitions

Ne vous écartez pas des termes du sujet. Évitez les synonymes et les mots courants qui correspondent à de grandes notions philosophiques (connaissance, société, etc.). Les concepts extérieurs au sujet ou aux définitions c’est comme des potes qui s’incrustent à un date.

Ne posez qu’une seule question

N’utilisez le point d’interrogation qu’une seule fois dans l’intro. Si vous ne posez qu’une question, le correcteur supposera que c’est votre problématique. Si vous en posez plusieurs, votre discours sera confus.

Vous pouvez aussi exprimer votre problématique en sans passer par une phrase interrogative. C’est souvent plus simple que de condenser tout un paradoxe dans une seule question.

Indiquez quand vous donnez la problématique

Utilisez des formules qui signalent au lecteur que vous annoncez la problématique :

  • on aboutit à un paradoxe…
  • le problème c’est donc…
  • l’enjeu est alors…
  • d’un côté… / de l’autre

Ces expressions rendent votre travail plus clair, elles sont comme d’énormes flèches qui pointent vers la problématique.

N’essayez pas d’enfumer le correcteur

Personne ne se dit « Je ne comprends pas ce qu’il écrit, ça doit être super profond ». Votre correcteur a l’habitude des tentatives d’enfumage. Il n’est pas impressionné par un enchaînement de phrases floues et un étalage de concepts non définis.

Soyez clairs

La problématique est au centre de l’exercice de la dissertation. C’est un élément complexe, qui ne se comprend pas instinctivement. Soyez attentifs à la clarté de votre expression. C’est le moment le plus important de votre devoir : ne le bâclez pas.

Comment définir les termes en introduction ?

Comment définir les termes du sujet en début de dissertation ? À quoi sert cette étape, et comment la réaliser ? Cet article explique comment faire et donne un exemple. Il indique aussi les erreurs à éviter.

photo de la page "définition" d'un dictionnaire
(image par Dicophilo, cc-by-sa 4 )

En théorie, la définition des termes du sujet se trouve après l’accroche et avant l’annonce de la problématique. En pratique, ses limites sont plus floues : on commence parfois à définir dès l’accroche, et on continue souvent pendant la problématisation.

Cette étape sert avant tout à préparer l’arrivée de la problématique. On pose le sens des mots du sujet, pour expliquer ensuite le paradoxe qui émerge des définitions posées.

Au passage, on montre au correcteur qu’on connaît ses définitions. On lui prouve qu’on ne va pas utiliser les mots dans un sens incorrect, déformé, partiel ou connu seulement de nous-mêmes.

Étape 1 : Partir de la problématique

Au brouillon, vous avez déjà une liste de définitions. C’est grâce à elle que vous avez trouvé la problématique. Pour rédiger l’introduction, vous n’aurez besoin que :

  • des sens principaux des mots du sujet
  • des sens qui contribuent à trouver la problématique

Normalement c’est les mêmes. Un sujet bien construit s’appuie sur les tous sens importants d’un mot, sans en laisser de côté.

Étape 2 : Expliquer comment on arrive au problème

Il n’y a pas de procédure unique ou infaillible pour présenter les définitions. Une façon de faire est d’expliquer comment vous avez trouvé la problématique. Vous êtes partis de certains sens des mots : donnez-les. Cela peut ressembler à ça :

Un [mot du sujet] c’est [élément de définition]. C’est aussi [autre élément de définition].

Concrètement, si vous définissez « transformer » cela donnera :

Transformer, ce n’est pas uniquement « changer de forme ». C’est surtout modifier profondément quelque chose.

Le mot que vous venez d’expliquer a un lien avec un autre mot du sujet. Faites ce lien, et définissez le second terme au passage. Puis continuez ainsi jusqu’à avoir au moins ébauché une définition de tous les mots qui font apparaître la problématique.

Exemple

Sujet : La technique transforme-t-elle l’existence humaine ?

On commence par définir « transformer » comme vu plus haut :

Transformer, ce n’est pas uniquement « changer de forme ». C’est surtout modifier profondément quelque chose.

Puis on fait le lien entre « transformer » et le reste des mots du sujet :

À ce titre la technique semble toujours transformer l’existence humaine.

On donne ensuite une définition de « technique » (entre [ ]), qu’on rattache tout de suite au reste du sujet :

Comme [ensemble des moyens par lesquels l’homme modifie la nature pour satisfaire ses besoins], la technique influe d’emblée sur les conditions d’existence de l’homme.

Enfin, on esquisse une définition (pour l’instant très floue) de l’existence humaine :

Mieux, la technique semble pouvoir influer sur l’existence humaine elle-même, [c’est-à-dire sur la façon d’être propre à l’humain].

C’est terminé. On a posé des définitions (qu’on approfondira plus tard). On a lié entre eux les termes du sujet. On est prêt à expliquer la problématique. Il ne reste qu’à passer à l’étape suivante : Poser la problématique.

Les erreurs à éviter

Réciter intégralement ses définitions. Les mots ont souvent plusieurs sens. Ici l’idée n’est pas de recopier le dictionnaire. Vous devez choisir les sens utiles à définir en introduction, ceux qui aident directement à trouver la problématique.

Poser ses définitions les unes après les autres, sans les mettre en rapport. La problématique apparaît quand on met en lien les définitions. L’objectif n’est pas que vous empiliez des définitions sans réfléchir. Vous devez montrer ce qui unit les mots du sujet.

Utiliser les mauvaises définitions. Vous devez donner des définitions « philosophiquement neutres ». Évitez les sens non-philosophiques ou ceux qui dépendent trop d’un auteur. Pour plus de détails, voir l’article Comment trouver la problématique.

N’utiliser les définitions que dans l’intro. En dissertation on part de définitions, puis on les approfondit, on les nuance ou les modifie pendant tout l’exercice. Toute la dissertation est un travail sur le sens de mots, du début jusqu’à la fin. N’imaginez pas en avoir fini avec les définitions après l’intro.

Faire une accroche (ou pas)

L’accroche est un classique des méthodes de dissertation. Cet article explique ce qu’est l’accroche. Il présente les erreurs à éviter et fournit des conseils pour réussir son accroche. Il propose aussi des exemples. Enfin, l’article répond à la question « Faut-il vraiment faire une accroche ? » (pas sûr).

Photo de crochet de boucher et noir et blanc
photo par Engin_Akyurt (CC-0)

Qu’est-ce que l’accroche ?

L’accroche est le tout premier moment de la dissertation. Elle se compose d’une ou plusieurs phrases par lesquelles on débute l’introduction de sa copie.

L’accroche se situe juste avant la définition des termes du sujet. Sa fonction est d’amener vers l’explication des mots du sujet et vers la problématique.

On part d’un élément « quelconque » et on le rattache au sujet et au problème philosophique qu’on va étudier. Ce dont on part est globalement libre, ça peut être :

  • un fait historique
  • un élément d’actualité récente
  • une œuvre littéraire ou artistique
  • une expérience de la vie courante
  • un proverbe ou un lieu commun
  • une citation (déconseillé)
  • ou autre chose encore

L’idée est d’attirer l’attention du correcteur, de susciter son intérêt et d’éviter un début de copie « sec ». Je reviendrai sur ce point plus bas dans la section « Faut-il vraiment faire une accroche ? »

Les erreurs à éviter en accroche

Faire trop long. Une accroche de 2-3 lignes suffit largement. Passé 5 lignes, c’est souvent trop : on perd son temps. L’objectif de l’accroche est d’amener vers ce qui est vraiment important dans la dissertation. Elle n’a pas en elle-même un grand intérêt.

Partir d’un élément inconnu au correcteur. Le lecteur ne sera pas « accroché » s’il ne sait pas de quoi vous parlez. Et vous ne devez pas gaspiller 10 lignes pour expliquer l’exemple que vous avez choisi. L’idéal est de privilégier un élément de culture générale extrêmement célèbre (Madame Bovary, Star Wars Épisode IV, etc.) ou une expérience de la vie quotidienne.

Prendre trop longtemps à choisir votre accroche. 3 minutes, pas plus. Pas besoin de chercher l’accroche parfaite qui rendrait votre copie « unique » et « géniale ». Réservez votre temps pour travailler la problématique, le plan et les arguments. Ce sont eux qui font la valeur de votre copie, bien plus que l’accroche.

Comment faire une bonne accroche ?

Soyez clair et précis. Vous parler d’un film, d’un roman, d’un essai ? Précisez le : « dans le film Le Seigneur des Anneaux ». Vous mentionnez un artiste ? Dites quelle est sa profession exacte : chanteur, peintre, etc. Ce genre de précaution simple évite des confusions.

N’allez pas chercher loin. Plus l’accroche est proche du sujet, plus il est facile de passer à la suite de l’introduction. Une remarque étymologique peut faire une bonne accroche. Une question sur le (ou les) sens d’un mot du sujet aussi. On enchaîne ensuite de façon fluide vers la définition des termes et l’exposé de la problématique.

Évitez les citations. Toute citation doit être expliquée. En plus de recopier la citation (sans faute !), vous devez préciser ce qu’elle signifie et justifier de sa pertinence. C’est beaucoup de choses à rentrer dans le court moment de l’accroche. Sauf citation extrêmement brève, mieux vaut éviter.

Exemples d’accroches

Les exemples ci-dessous sont issus de bonnes copies, mais ils sont malheureusement de niveau CAPES / agreg (les concours pour devenir prof de philo). C’est tout ce que j’ai sous la main.

Sujet : Peut-on ne pas être soi-même ?
« Sois toi-même ! » L’injonction est courante, et souvent entendue par celui qui se prépare avec anxiété pour un important rendez-vous. Derrière sa banalité, la formule a de quoi surprendre.

Sujet : L’interprétation est-elle sans fin ?
Recourir à un interprète, c’est viser un certain but au-delà duquel l’interprète pourra être congédié. De même interpréter ne se fait jamais sans viser une quelconque fin […]

Sujet : La technique transforme-t-elle l’existence humaine ?
Compris comme regroupant tout ce par quoi l’homme altère son environnement afin de mieux l’adapter à ses besoins, la technique assiste les hommes dans le moindre de leurs gestes quotidiens, de ceux qui élaborent une horloge rudimentaire à ceux de la production au sein d’une entreprise.

Sujet : Qu’est-ce qui est premier ?
Personne ne s’attend à ce que celui qui a terminé premier au Tour de France réitère l’exploit en décrochant le prix Goncourt.

Dans tous ces exemples, les étudiants ont choisi d’être très brefs. Leurs « accroches » sont minimalistes et presque inexistantes. Mais elles préparent la suite de l’introduction : la définition des termes, qui elle-même conduit à la problématique.

Faut-il vraiment faire une accroche ?

Une bonne accroche est un « plus » pour une copie déjà excellente. Mais elle ne sauve pas une dissertation si les bases de la méthode ne sont pas acquises (problématique, plan, progression). C’est pourquoi on dit parfois que l’accroche est facultative.

On conseille alors de passer directement à la définition des termes du sujet et d’y accorder plus de temps. On évite ainsi de chercher une accroche, de tenter de faire un lien artificiel avec le sujet, et on se concentre sur l’essentiel.

Plus intellectuellement, on peut douter de l’utilité de l’accroche. L’accroche a une dimension « cosmétique » : elle rend la copie moins « sèche », elle la peaufine. Mais l’idée même d’accroche semble paradoxale pour 3 raisons :

1. Il n’y a pas besoin d’accrocher le correcteur. L’accroche est censée intéresser le lecteur, « capter son attention ». Mais qui lit des dissertations ? Des correcteurs, qui sont payés pour ça. Ils n’ont pas besoin qu’on les attire vers la copie comme s’ils n’allaient pas la lire sans ça (!)

2. L’accroche écarte de la philo pour y ramener. L’accroche propose de partir d’un élément éloigné de la philosophie, pour le « raccrocher » au sujet et à un problème philosophique. Elle demande de trouver quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’on fait (de la philo), puis de montrer qu’en fait si, ça a bien un rapport.

3. L’accroche prend les profs de philo pour des crétins. L’accroche cherche à « attirer l’attention » d’un prof de philosophie en lui parlant de tout, sauf de philosophie. Elle semble suggérer qu’il y a des choses philosophiques ailleurs qu’en philosophie. Comme si les philosophes n’étaient pas au courant…

Bref, l’accroche est facultative. Si vous maîtrisez très bien la dissertation et que vous souhaitez en faire une, pourquoi pas. Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’exercice, n’hésitez pas à vous concentrer sur d’autres aspects de la dissertation et à réduire votre accroche au minimum.